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314 BIBLIOGRAPHIE.
sophe, (3). Origène avait puisé ce système dans les Théo-
gonies indiennes, et il avait déclare plusieurs fois, au reste, que ce
n'était là chez lui qu'un sentiment particulier ; il professait
d'autres erreurs et voici en quoi consistait celle dont Alexandre
Soumet s'est emparé comme étant essentiellement poétique, et,
à cet égard, il ne s'est pas trompé ; le Dictionnaire des hérésies
du R. P. Pinchprut la présente sous les n os 7 et 9. Les peines
des damnés ne dureront qu'un certain temps, avait dû dire
Origène, et dans les siècles futurs Notre Seigneur J.-C. doit
être crucifié pour leur salut, ainsi qu'il l'a déjà été pour celui
des hommes. Quoiqu'il regardât cette dernière proposition comme
une fiction (il le dit lui-même) Alexandre Soumet, je le répète,
s'en est emparé, il s'est élancé bien au-delà du temps et de
l'espace, et comme Milton avait chanté la chute de l'homme,
Klopstock la rédemption, il a voulu chanter une deuxième ré-
demption, et, dans ses conceptions aussi hardies que poétiques,
il a élevé dans les enfers mêmes la nouvelle croix de Notre-
Seigneur J.-C., et là il A fait verser le divin sang pour le salut
de tous les damnés sans distinction ; il a fermé à jamais les abîmes.
Ainsi, et en dépit des dogmes, Alexandre Soumet sauve tous les
damnés, tandis que, plus timide et ne s'occupant d'ailleurs que des
premiers moments passés sur la terre par nos premiers parents,
M. de Jussieu ne sauve qu'un seul ange rebelle, cet Alessiel
qu'il a créé et pour lequel il a su inspirer un intérêt tellement
vif que j'aurais applaudi de tout cœur, pour mon compte, au
salut qu'il lui a accordé, si je ne m'étais rappelé à temps et
les décisions de l'Église et la fatale inscription : laisse toute
espérance !
NADAUD.
et contre Théophile, quelques origenistes, il le fît surtout en raison des
formes qu'on avait adoptées et de l'ardeur qui fut apportée dans des
poursuites qui n'eurent lieu que près de trois cents ans après la mort
d'Origène.