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424 LES ÉCORCHEURS Celaient du reste des armées véritables qui tenaient la campagne. Ainsi dans une invasion qui eut lieu l'année suivante, en 1439, le Bâtard de Bourbon était en garnison en Nivernais,à la Charité surLoire et à Gosne avec 8000 chevaux; à Gien se trouvaient 10,000 chevaux commandés par Blanche- fort, Chabanne, Floquet, les Lombarl et autres capitaines. A La-Motte-au-Duc-de-Bar, Perrin des Anges, lieutenant du Bâtard, assiégeait la place (Mars 1439-40) (1). Le Bâtard lui écrivait pour lui ordonner de lever le siège et de venir le rejoindre. Il avait d'autres projets pour lesquels il concentrait les forces des Compagnies ; cette lettre fut interceptée; le Duc de Bourgogne en donna avis, et ordre « de se ruer sus qui porrail. » Ce Bâtard, fils naturel du Duc de Bourbon, lequel mourut « impousés pour leur ponrlion dudit aide, par les mains des reccpveurs « particuliers d'icellui aide, qui seront ordonnés en chacun bailliage, qui « leur feront leurs lettres de récepte des dits prcsls, par lesquelles ils pro- « mettront de leur restituer ce qu'ils auront plus prestes qu'ils ne seront n impousez. » Nous voyons ici un véritable emprunt fait par le gouverne- ment ducal. Toutes les fois qu'il fallait lever une aide pour un objet déterminé, l'impôt permanent n'existant pas, une convocation et un vote des Etais de Bourgogne étaient nécessaires. On désignait alors des répartiteurs chargés de dresser dans chaque bailliage les rôles d'imposition, et des rece- veurs pour en faire la perception. L'aide était exigible immédiatement, mais il fallait un temps assez long pour la répartition et le recouvrement. Dans les cas pressants, comme celui dont il s'agit, on demandait le paiement d'avance; mais alors c'était comme emprunt, et en s'adressant à la bonne volonté des contribuables, qui n'avaient à attendre aucun intérêt ni aucun bénéfice. S'ils donnaient trop, ce qui pouvait arriver puisqu'ils payaient avant la fixation de leur cote, ils étaient restitués sur les deniers même de l'aide, quand il était perçu. Dans ces cas particuliers, le clergé, malgré ses immunités, se montrait généreux, nous en avons de nombreuses preuves. La noblesse payait de sa personne et fournissait des troupes équipées, le tiers payait la masse de la contribution. (1) Notes et documents, etc., p. 397 et suiv. arcli. de Mâcon cl de Dijon.