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RÉVOLUTION DE SUÈDE EN 1772. 439 ment les variations de l'autorité royale en Suède depuis Gustave Vasa ; nous tracerons ensuite la situation des affaires à l'époque de cette révolution, les mouvements des factions qui divisaient la Suède et les intrigues des puissances étran- gères ; enfin les moyens employés par Gustave pour parve- nir a ses fius. Gustave Vasa, libérateur de son pays, gouverna la Suède pendant trente-sept ans ; il jouit avec modération d'une au- torité très-étendue, et se concilia l'affection des peuples. Éric, son fils, insensé farouche, se couvrit de crimes ; il fut dépossédé et remplacé par le duc Jean, son frère; celui-ci monta sur le trône de Pologne, et céda celui de Suède a Charles IX, second frère d'Éric. Sous le règne de ce prince, le sénat reprit une partie de son autorité. Gustave Adolphe, fils de Charles, ne chercha pas à ac- croître sa puissance ; il fit la gloire de son pays, et mourut comme Macchabée, enseveli dans sa gloire. Christine, sa fille, parvint a une autorité absolue par les soins du ministre Oxenstiern. Elle abdiqua la couronne après un règne de vingt ans. Charles X soutint dignement l'honneur du trône. « Charles XI, dit Voltaire, guerrier comme tous ses ancê- tres, fut plus absolu qu'eux ; il abolit l'autorité du Sénat, qui fut déclaré le Sénat du roi et non du royaume ; il était frugal, vigilant, laborieux, tel qu'on l'eût aimé si son despotisme n'eût réduit les sentiments de ses sujets pour lui à celui de la crainte. A sa mort il laissa une nation respectée au dehors, mais malheureuse chez elle, des finances en bon ordre, et des sujets pauvres. » Charles XII, son fils, s'engagea dans des guerres longues et dispendieuses qui épuisèrent la Suède d'hommes et d'ar- gent.