page suivante »
HISTOIRE DE CHARLIEU. 147 comme un des principaux bienfaiteurs de l'abbaye. Sa mémoire y a été honorée à l'égal de celle des fondateurs eux-mêmes, et plus tard on mit dans le réfectoire et sur le portail de l'église son effigie avec les attributs de fondateur.» Je ne suivrai pas l'auteur dans le récit de l'histoire de l'ab- baye (1). Je dirai seulement qu'elle perdit officiellement ce titre, et fut réduite au rang de simple prieuré pas son union à l'abbaye de Cluny. Cette union eut lieu vers 930, comme le constate une bulle du pape Jean XI insérée dans le Bullarium Cluniacense, p.2, et datée du 26 décembre 932, bulle qui semble avoir été in- connue à M. Desevelinges. « La fin du XIIe siècle ou le commencement du XIII«, dit M. De- sevelinges (p. 26), vit s'élever le vestibule de l'église du monas- tère, la seule partie de l'édifice qui soit restée intacte. Le porche ou narthex, en mettant l'étendue à part, n'est pas sans rapport avec celui de Cluny. Au moins la disposition en est-elle la même. L'usage de l'un comme de l'autre me semble avoir été de recevoir, en carême, les pénitents, auxquels il n'était pas permis d'entrer dans l'église.» Je ne sais si tel était en effet l'usage de ces constructions ; mais je crois que M. Desevelinges est dans l'erreur en attribuant les mêmes dispositions à celles de Cluny et de Charlieu. A Cluny, ce narthex était comme une église de moindre dimension, placée devant la grande, et ayant son portail dans l'axe même de l'édifice ; à Charlieu le narthex n'offre qu'une salle, sans nefs latérales, placée en travers devant le portail de la grande église, et ayant son entrée sur le côté. Il est à regretter que M. Desevelinges n'ait pas joint à sa description des lieux un petit plan lithographie. On (1) Je crois devoir relever ici quatre fautes typographiques impor- tantes au point de vue de la chronologie qui se trouvent aux pages 10,11 et 16. C'est en 887, et non en 987 que se tint le synode, ou concile de Châlon ; en 926 et non en 916, celui de Charlieu; en 990, et non en 994, celui d'Anse; enfin la lettre de Philippe-Auguste citée à la page 11 est de 1180 et non de 1189. De plus à la page 11, ligne 17, il faut lire Charlieu au lieu de Cluny.