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78                       LE MONT-CASSIN.

   — « La terre était informe et nue, les ténèbres couvraient
la face de l'abîme, l'esprit de Dieu était porté sur les eaux. »
   En résumé, si je consulte les règles qui doivent présider
au beau puisé uniquement dans la forme matérielle, je
donnerai la palme a l'Apollon du Belvédère.
   Si, d'autre part, je fais prédominer dans l'œuvre d'un scul-
pteur la grandeur de l'idée, la force des sentiments qui ont
inspiré son œuvre, si, enfin, j'ouvre la Genèse et crois a
sa divine origine;
   Mille fois je préférerai le Moïse de Michel-Ange qui n'est
autre que la Bible incarnée et rendue vivante pour l'admira-
tion des siècles.
   Mais revenons au Capitole ! Hélas ! il est trop tard, les
musées se ferment, le soleil descend à l'horizon. Montés
sur le faîte du palais sénatorial, mon ami et moi, nous
jetons un dernier regard sur la ville éternelle, que nous
allons quitter le lendemain. Involontairement notre mélan-
colique pensée vole vers la patrie ; nous songeons que dans
ce moment peut-être, un père, une mère, des amis placent
les voyageurs sous la protection du ciel. L'amour que nous
portons a la France et le désir de prolonger notre séjour,
sinon h Rome du moins en Italie, luttent tour à tour. Le
dernier de ces sentiments l'emporte. Nous nous décidons
pour Naples.
   Hors des portes de Rome des plaines arides et tristes se
succèdent toujours a perte de vue; des enfants presque nus
suivent en courant notre voiture en psalmodiant une mélopée
monotone assez semblable au coassement des grenouilles.
Nous leur jetons inutilement quelques baioques pour les
faire taire.
   A Ciprano, un des essieux de notre véhicule casse. Tous
en corps, nous allons demander à Monsieur le curé la per-
mission de le faire raccommoder. C'était un dimanche.
                Sic voluer'e   l'arcas.