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8 CORRESPONDANCE INÉDITE connu que quand j'ai parlé de les rétablir, deux sortes de personnes s'y opposaient particulièrement, ceux de la reli- gion (prétendue réformée) et les ecclésiastiques mal-vivants, et c'est ce qui me les a fait estimer davantage. « Laissez-moi le maniement et la conduite de cette Compa- gnie ; j'en ai manié et gouverné de bien plus difficiles el mal- aisées à conduire ; obéissez seulement à ma volonté. » (Voir le discours entier dans Schoel, — Cours d'Histoire des états eu- ropéens). La ville de Lyon , dont le collège était tombé en discrédit depuis le départ des Jésuites, s'était empressée de profiter du bénéfice de l'édit de septembre 1603 pour le remettre de nou- veau aux mains des Révérends Pères. Cet établissement, de- puis celle époque, acquit une incomparable célébrité, soit par l'affluence des écoliers, soit par le mérite et les succès des maîtres. « Ce fut alors, dit un écrivain qui ne se montre pas toujours bien prévenu en faveur de l'ordre des Jésuites, qu'y brillèrent les professeurs les plus remarquables : le versifica- teur Antoine Milien, auteur du Moïse voyageur, les huma- nistes Pomey et Joubert, connus par leurs travaux lexicogra- phiques, l'érudit Ménestrier, le littérateur Colonia, le P. Cot- ton el plus tard le P. La Chaize, tous deux confesseurs de rois comme leur prédécesseur Émond Auger; c'est alors que le P. de Saint-Bonnet, astronome distingué, obtenait du Consulat la construction d'un observatoire. « Deux grands trails, continue le même écrivain, caracté- risent à celle époque l'éducation donnée par les Jésuites : l'universalité un peu mondaine de leur enseignement et leur habile industrie pour exciter l'émulation de leurs élèves. En face des sévères leçons de l'Université de Paris qui, dédai- gnant l'agréable, ne visail qu'au solide et n'atteignait parfois que le pédantesque, les Jésuites avaient élevé un système d'éducalion plus en rapport avec la société actuelle, plus ca-