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                       HISTOIRE DE CHAULIEU.                      26
triomphe momentané des habitants de Lyon, qui venaient à leur
tour de secouer le joug de l'Eglise (1208), et qui luttaient avec
avantage contre leurs chanoines et comtes, eut sans doute une
grande influence sur la détermination des bourgeois de Char-
lieu.
   Quoi qu'il en soit, ces derniers, saisissant la première occasion
qui se présenta , en vinrent bientôt aux plus graves extrémités
vis-à-vis de leurs seigneurs. Malheureusement nous n'avons que
le cahier des doléances des moines, et nous ne savons pas au juste
comment la guerre commença ; mais nous pouvons nous en faire
une idée par quelques procédures inscrites sur les registres du
parlement. On voit, par l'une de ces pièces , que le prieur de
Charlieu se plaignit à la cour de ce que, en novembre 1259, quoi-
qu'il eût fait proclamer son ban dans la ville pour la vente de son
vin au mois de mai précédent, les bourgeois avaient continué à
vendre le leur en dépit de sa proclamation. Les bourgeois dirent
pour leur défense que l'usage était tel depuis longtemps dans la
ville , que lorsque le prieur vendait son vin plus de deux deniers
de plus par pot que dans le mois d'avril, ils pouvaient vendre le
leur nonobstant le ban du prieur, jusqu'à ce que ce dernier eût
réduit le prix à deux deniers de plus seulement.
   La cour fit faire une enquête, et il fut prouvé que le prieur
avait vendu son vin en mai 28 deniers, au lieu de 22 qu'il aurait
dû le vendre, le prix n'étant que de 20 deniers en avril, c'est-
à-dire qu'il exigeait trois fois plus qu'il n'eût dû demander par
pot, en vertu des termes de la charte de franchises concédée par
les moines eux-mêmes. Or, les bourgeois ayant démontré aux
enquêteurs la justice de leur cause , en exhibant leur charte,
sans doute, les moines furent déboutés de leur plainte. « Pro-
batum est usus et defencio burgensium ut supra ponitur, » porte
l'enquête (1).
   Une autre pièce du même recueil nous apprend qu'un peu plus
tard le prieur, ayant fait approprier une place pour servir de
marché, fit publier une proclamation portant que tous les habi-


  (1) Olim, t. I, p. 97.