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260 LE PÈRE DE LA CHAIZE. Nous avons ici des envoyés de l'Empereur des Moscovites qui promettent d'ouvrir à nos Pères une route courte et facile à travers la Moscovie jusqu'aux frontières de l'empire chinois, en leur permettant de voyager par terre au nombre de six et en les garantissant de tout péril... Nous leur confierons donc (le roi l'ordonne ainsi) deux de nos pères qui tenteront ce voyage, et, s'ils réussissent, on établira facilement une mission en Chine, sans avoir à craindre de perdre un si grand nombre des nôtres. Je me recommande autant que possible aux prières de Votre Paternité. De Votre Révérence, etc. » Le cadre que nous nous sommes imposé ne nous permet pas de nous étendre plus longuement sur cette intéressante question des missions. Nous nous contenterons de dire que, dans ce siècle si grand à tous les points de vue, elles prirent, sous l'impulsion puissante de Louis XIV et du Père de la Chaize, un développement inouï jusqu'alors. Pour s'en convaincre, il suf- fit de jeter les yeux sur les deux premiers chapitres du tome V de l'Histoire de la Compagnie de Jésus, par*M. Crétineau-Joly, chapitre exclusivement consacré au glorieux apostolat des émules de saint François Xavier. La grandeur et la sainteté du but, ainsi que la variété des épisodes en rendent la lecture des plus attachantes. Ce n'est pas sans un étonnement mêlé d'admiration que l'on parcourt ce nouvel horizon de la pensée féconde du plus grand roi de la monarchie française. Jamais notre marine n'avait été plus florissante ; jamais plus irrésistible élan ne fut donné à notre commerce extérieur, et jamais la croix, sous la protection du drapeau de la France, n'étendit plus au loin et en plus de lieux ses pacifiques et durables conquêtes. R. DE CHANTELAUZE. (La suite au prochain numéro).