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LE PÈRE DE LA CHA1ZE. 257
son pouvoir comme nous l'en prions, afin que ce père s'acquitte
bien de son employ. Nous desirons particulièrement qu'il ménage
une voye seure et libre, afin de faire venir le plus grand nom-
bre de Pères de votre Compagnie qu'il se pourra, pour estre
comme les gages de la bonne et royale correspondance que nous
souhaitons ardemment d'entretenir avec le Roy de France, notre
bon amy et allié.
Ecrit de notre palais de Louvo, le 3 du decours de la pre-
mière lune de l'année 2231 (c'est-à -dire le 22 décembre 1687) (1 ).»
(sceau du roi de Siam).
Les lettres suivantes du P. de la Chaize sont relatives à d'au-
tres missions que Louis XIV envoya dans les Indes, en Chine,
en Perse et autres pays idolâtres.
* Versailles, le 29 juillet 1687.
Mon Très-Révérend Père (2).
J'ai reçu, il y a peu de jours, avec la plus grande joie et un res-
pect non moins grand, une lettre de Votre Paternité, en date du 8
de ce mois ; aussitôt j'ai couru auprès du Roi, espérant être le
premier et l'heureux porteur de la nouvelle de votre élection. Mais
déjà circulait une lettre de Mgr. le cardinal d'Estrées, arrivée de-
puis peu, dans laquelle il célébrait les votes de toute la Congréga-
tion pour s'être fixés sur Votre Paternité, et vantait avec chaleur
vos vertus et vos mérites. Alors j'ai montré les lettres que le
P. Provincial de cette province et les autres pères français m'ont
(1) Second voyage du P. Tachard.
(2) Thyrse Gonzalès de Santalla, général de la Compagnie de Jésus,
théologien de mérite, vigoureux adversaire des Jansénistes. « Il avait com-
« pose un ouvrage spécialement dirigé contre les quatre propositions de
« l'assemblée du clergé de 1682. Ce livre pouvait exciter des craintes et
« provoquer des répugnances dans la pensée de Louis XIV ; il n'en fut
« rien. » {Histoire de la Compagnie de Jésus, par M. Crétineau-Joly).
Gonzalès, comme général, n'essaya pas de faire prévaloir ses opinions.
— Le P. de la Chaize, dans la lettre ci-dessus, le complimente sur son
élection et le rassure indirectement sur les craintes qu'il pouvait avoir de
ne pas vivre en bonne harmonie avec le Roi.
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