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1)E LA PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE. 225 tion de simple convenance historique de quatre âges, l'âge anté-historique, l'antiquité, le moyen âge et le temps où nous sommes ; s'il proclame le principe d'un progrès exis- tant dans l'histoire et qui se montrerait partout dans l'uni- vers, il omet de déduire philosophiquement les lois de ce progrès, il s'en tire commodément par un saut en pleine pa- lingénésie ; « Quand le genre humain, dit-il, ne verra plus devant lui aucun progrès â accomplir, le signal de sa palingènèsie ne se fera sans doute pas longtemps attendre. Une période nouvelle succédera à la période actuelle, mais elle sera le premier âge du genre humain nouveau (1). » On voit que c'est sur parole qu'il faudrait croire, après le naturaliste Whewell, le prophète assez obscur d'une es- pèce future qui viendrait remplacer l'homme. Ballanche a la tête encore plus obsédée de mirages. Tout imbu de Vico, dont il a pris la dépouille plus qu'il n'est disposé à le confes- ser, il enseigne que la transformation du plébéien d'une époque en patricien d'une autre, est le fait constant de l'his- toire. Cette formule ou cette loi, qu'il poursuit dans le cours des époques cosmogoniques, héroïques et historiques, pa- raît l'expression la plus saisissable de sa doctrine ; s'il est difficile de la ramener a un sens bien clair, il y a apparence que Ballanche lui-même n'aurait pas réussi " la traduire de a sa langue hiératique en prose vulgaire propre à être com- prise par tous. Tout en concédant beaucoup aux poètes, qui sont assurément les seigneurs naturels du monde de l'imagi- nation et de la fantaisie, nous sommes de ceux qui deman- dent avant tout, dans les matières philosophiques, la franche exposition qui est le signe du respect pour sa propre pen- sée ; et nous avouons qu'aujourd'hui qu'il n'y a plus de pré- texte aux écoles ésotériques qui pouvaient se croire tenues (1) Jean Reynaud, Terre et Ciel, p. 162. 15