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224           DE LA PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE.

d'accord avec le christianisme. Ce philosophe à la parole
mélodieuse, a l'aimable génie, au lyrisme rêveur, vous l'a-
vez tous nommé, c'est notre Ballanche. Près de lui, quoique
beaucoup au-dessous, mais ce rang même serait encore ho-
norable, nous demanderions la permission de placer un écri-
vain de talent qui a publié dernièrement un livre de philo-
sophie religieuse assez remarqué du public. L'auteur de la
Palingénésie sociale et celui de Terre et Ciel ont au fond la
même doctrine. Que l'un se rattache, avec un sentiment de
patriotisme satisfait, a ces druides gaulois qui pensaient que
« la vie repousse comme la tête d'un saule; » que l'autre,
dans son amour des traditions, aille saisir son mythe jusqu'au
sein de l'antiquité la plus reculée, ils se rencontrent, avec
de simples variantes de détail, dans leur dogme des vies
successives de l'homme, et tous deux ont l'égale prétention
d'en faire un appendice du Christianisme. C'est la timide
palingénésie de Charles Bonnet, plus hardiment façonnée en
système.
   Il n'est pas de notre sujet de suivre les deux mytho-
graphes dans les espaces infinis de l'empyrée qu'ils ouvrent
au progrès des destinées de l'humanité. Laissons cette odys-
sée étourdissante de l'homme qui serait appelé à voyager
avec des formes nouvelles d'existence à travers les mondes.
Nous nous contenterons d'observer humblement que c'est la
divination seule qui, si le secours d'une révélation était
écarté, pourrait nous dévoiler une loi pareille de la Provi-
dence; et nous avouerons n'avoir pas une assez grande
pente a l'éblouissement mystique pour croire, avec Ballanche,
que ce qu'on sait le mieux c'est ce qu'on devine.
   La philosophie de l'histoire ne pouvait être, on le com-
prend , qu'une division très-inférieure de ces systèmes in-
finis de palingénésie. Aussi M. Jean Reynaud s'y est-il
négligé. Le livre de Terre et Ciel s'en tient à une classifica-