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               DE LA PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE.               223

turale, réduite en système, convertie en philosophie parti-
culière, appelée en témoignage des aspirations de la politique,
que s'adresse la prédilection des esprits.
    Une science est née. qui a pris le nom de philosophie de
l'histoire ; elle s'assied au rang des autres sciences morales,
ses sœurs. Mais est-ce bien une science? quelle est la valeur
des diverses tentatives faites pour la constituer? Il nous a
paru opportun d'examiner ces questions, qui sont peut-être
l'aliment le plus vif et l'enjeu le plus intéressé de la curiosité
philosophique de notre temps.
    L'Académie nous pardonnera , nous l'espérons, la témé-
rité d'un pareil sujet. Il semble qu'on ait le droit d'être hardi
quand on a l'honneur de lui appartenir, et nous serions
excusable devant elle que le sentiment fier et doux de la
confraternité nous eût trop fait oublier la mesure de nos
forces.
    Qu'il y ait une loi de l'histoire, nul esprit sensé ne le
mettra en doute. Dans ce monde où tout est ordre, harmo-
nie, merveilleux enchaînement de causes finales, comment
Dieu n'aurait-il pas soumis a un plan le passage des géné-
rations humaines sur la terre, ou en d'autres termes, la des-
tinée des sociétés et le développement de l'histoire? La dif-
ficulté n'est pas d'admettre qu'il y ait une loi de l'histoire,
elle est de discerner si cette loi peut être connue et si ce
peut être là pour nous l'objet d'une science véritable.
    Beaucoup l'ont pensé, et nombre de systèmes de philoso-
phie de l'histoire se sont produits. Nous nous proposons d'y
jeter un coup-d'Å“il rapide. On nous approuvera sans doute
de donner dans notre revue la première place à ceux qui ont
tâché de se construire sur la base chrétienne.
    Lyon a vu naître, notre Académie s'honore d'avoir pos-
sédé le philosophe qui de nos jours a tenté, avec le plus
d'éclat, de développer sur l'histoire une conception mise