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182                        LITTÉRATURE.

   C'est là, dans un autre genre, Yoccasio prœceps d'Hippo-
crate. Combien aussi ne faut-il pas de tact et de sagacité
pour cette espèce de diagnostic ! C'est là que plus d'une fois
le meilleur clinicien peut être pris en défaut. Jamais le ne
quid nimis de la fable n'a présenté une application plus
difficile.
   Il ne faudrait pas faire un grief aux praticiens du moyen-
âge de trop se préoccuper des honoraires : ils pouvaient
bien souhaiter bonne santé à leur malade, et se retirer en
paix, une fois qu'ils avaient touché une rémunération con-
venable. Mais il faut aussi reconnaître, pour être juste,
qu'au moyen-âge, comme aux temps hippocra tiques et
comme de nos jours, il a toujours été recommandé au mé-
decin d'aller de préférence soigner les pauvres, et, loin de
leur demander de l'argent, de les assister au besoin de sa
propre bourse. On voit que la charité médicale avait, pour
ainsi dire, devancé la charité chrétienne (Daremberg). Nous
ne saurions mieux terminer qu'en reproduisant les vers par
lesquels l'auteur anonyme formule ce devoir :
      Omnibus omissis aliis, nos prccipitemus
      Gratis in obsequium vestrum. (VII-1053.)


                                         J . - E . PÉTR.EQU1N.