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S O C I É T É DES AMIS DES A R T S .
EXPOSITION DE 1857.
Cette année-ci, plus encore que la précédente, un lait consi-
dérable nous a frappé en jetant un premier eoup-d'œil sur l'ex-
position de la Société des Amis-des-Arts ; ce fait, c'est l'absence
à peu près complète de noms célèbres parmi les artistes de Paris,
qui sont, nous ne craignons pas de l'affirmer, pour elle un grand
élément d'intérêt, en même temps qu'ils l'entourent d'un véri-
table éclat. Certes, nous estimons tout autant qu'ils le méritent
les ouvrages de nos peintres et de nos scuplteurs, mais, comme
ils sont en quelque sorte pour nous une famille connue, dont
la présence nous est assurée, nous serions bien aises aussi de
voir souvent figurer à côté d'eux, sur le livret de notre exposi-
tion, les peintres et les statuaires de Paris, qu'une notoriété plus
ou moins brillante signale à l'attention des artistes comme Ã
celle des amateurs. Nous ne demandons pas que des peintres
comme Ingres, Delacroix, Ary Scheffer, PaulDelaroche, Decamps,
voire même Horace Vernet, soient les hôtes habituels du salon
lyonnais, ce serait exiger l'impossible, et notre ambition ne va
pas si loin. Mais ne pourrait-on pas, tout en ne négligeant rien
pour posséder de temps en temps quelques toiles des premiers
maîtres de l'Ecole moderne, s'assurer le concours plus fréquent
et plus répété des célébrités du second ordre, en même temps que la
présence de quelqu'une de ces individualités qui surgissent spon-
tanément et qui, diversement jugées par les uns et par les autres,
passionnent les amateurs pour ou contre, et ajoutent si fort Ã
l'intérêt d'une exposition? Nous savons bien que l'année dernière
le fameux Courbet est venu s'offrir au jugement de nos critiques,
et que, cette année-ci, nous avons l'heureuse fortune de voir
figurer dans la grande galerie du Palais-des-Arts une intéres-
sante pochade de M. Couture. Mais nous voudrions mieux en-
core, nous voudrions, si c'était possible, que le principal intérêt
de chaque exposition ne se bornât pas à un artiste seul, mais
qu'il s'adressât à plusieurs. Il nous semble qu'une réunion de
peintres étrangers, la plupart connus par l'importance de leurs
ouvrages et la haute valeur de leur talent, serait toujours un