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LITTÉRATURE. 181
Virtus, fama, decus, laus et dilectio , lucrum,
Si valeat medicus egro rcparare salutem,
Aut eliam sanum si conservare salubrem,
Aut cliam mortem si predicet moiïturo,
Aut evasuro vilain pronunciet ogro
Jam desperato, elc. (Lib. VII, cap. LXXXIII.)
« Peut-être tous ces préceptes si naïfs acquièrent-ils un
peu plus de charme en passant d'une prose passablement
vulgaire a une forme métrique, même lorsque cette forme
n'est ni très-élégante ni très-poétique. » (Daremberg).
11 n'échappera a personne que dans ce Poema medicum on
trouve plus d'une réminiscence du Serment d'Hippocrate,
ainsi que des deux traités hippocratiques de la Loi et du
médecin. La plupart des recommandations faites aux méde-
cins du moyen âge rappellent celles qu'on lit dans deux au-
tres opuscules, attribués aussi a Hippocrale, la Bienséance
et les Préceptes ; on peut dire que ces cinq opuscules ont
servi longtemps de code médical.
Le versificateur anonyme n'oublie pas ce qui concerne les
honoraires, il en fait adroitement vis a vis du malade un
gage pour l'avenir:
Collata deccnter
Munera pretcrili sint argumenta futuri (Lib. VII-1054)
Les derniers chapitres traitent de la façon dont il convient
de rendre le convalescent a ses habitudes (de convalescenti
mittendo ad consuetas operationes, cap. 82), et dont il doit
lui-même prendre congé de la famille du malade (de modo
petendi licenciam et recessu medici, cap. 84). Le poème
se termine par ces vers, qui indiquent assez que le versifi-
cateur était médecin et qu'il parle par expérience :
Tutius esse reor, quod certe novimus oranes,
Dum dolet aecipere, vel munere posse carere,
Namque manum dandi jam retraxere, medicum.
Munere percepto, grates multas referendo,
Omnibus ergo valediccns, in pace recède !