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                          HISTOIRE DE CHARLIEU.                             165
 toile doivent une podrigia (petite monnaie) pour dix aunes, et
 rien au-dessous ; même rien pour cette quantité, si la toile est
 destinée à l'usage de leur hôtel.
    Art. 39. Si une personne en appelle une autre glouton (voyez
 la valeur de ce mot dans Ducange), punais, lépreux, femme de
 mauvaise vie, voleur, larron, et ne dit pas pourquoi ni à propos
 de quoi il l'a appelée ainsi, il ne sera pas tenu à une amende,
 mais à une simple clameur.
    Art. 40. Si deux personnes plaident devant la cour du prieur,
 celui-ci ne pourra s'adjoindre un assesseur, à moins que l'im-
 portance de la cause ne le réclame, et encore dans ce cas que
 ce soit du consentement des parties.
    M. Desevelinges pense que la censé du roi dont il est parlé
 dans l'article 28 embrassait le territoire environnant un château
 que possédait le roi près de Charlieu, à l'ouest, et précisément
 dans le bourg des nobles ou faubourg Chevalier, comme il est ap-
 pelé dans des actes postérieurs (1). J'admets très-volontiers cette
 hypothèse, mais je rejette celle qu'il propose ensuite. D'après
lui, le faubourg Chevalier [burgum militum) aurait été ainsi
 nommé à cause de la garnison qui occupait, habituellement le
château royal. Suivant moi, le faubourg Chevalier fut ainsi ap-
pelé, non à cause de soldats qui ne paraissent pas avoir jamais oc-
cupé ce lieu, et qui d'ailleurs n'auraient pas porté le nom de mi-
lites, mais celui de servientes seulement, mais à cause de la qualité
des habitants qui s'étaient groupés autour de la propriété royale ;
c'était le quartier des nobles, et c'est ce qui explique la fran-
chise d'impôts dont il jouissait. C'est avec le même sens que ce mot
figure dans les articles 9, 10 et 14. Le mot milites figuré éga-
lement dans la charte de Philippe-Auguste, comme corrélatif à
burgenses et alii homines. Il est évident que le roi a voulu dési-
gner dans ses lettres de 1210 les nobles, les bourgeois et les ma-
nants composant la population laïque de Charlieu, à la différence
des ecclésiastiques, déjà mentionnés dans ses lettres de 1180.
       (La suite au prochain numéro).                Aug. BERNARD.
   (l) « Il a cessé d'exister depuis longtemps; mais, dans les derniers
siècles, le territoire où il avait été en portait encore le nom. Il était entre
le lievi appelé encore aujourd'hui Chante-Oiseau et l'abbaye, dans les prés,
au nord du ruisseau deBonnard. » (Desevelinges, Hist. de Ck., p. 147.)