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HISTOIRE DE CHARLIEU. 149
sans alors, et la plupart de ceux qui le portaient, enfants dégé-
nérés de saint Benoit, le trouvaient encore, trop lourd pour leurs
épaules, quoiqu'ils suivissent peu la règle. « Ils n'étaient plus
religieux que de nom, » dit M. Desevelinges (1).
Lorsque survint la révolution, sur six moines pensionnés Ã
Charlieu, en vertu des lettres du roi du 19 mars 1787 (2), quatre
n'étaient plus dans la maison, et quelques-uns l'avaient quittée
depuis longtemps. L'un d'eux, clerc tonsuré, était détenu à Mâcon
pour cause de démence; un autre, qui n'était que sous-diacre,
s'était enfui hors du royaume depuis plus de quatre ans,et un autre,
qui était prêtre, s'était retiré de la communauté depuis plus de vingt
ans ; un quatrième, également prêtre, était absent sans qu'on en sa-
che la raison. Il n'y en avait que deux résidant: domBarruel, prieur
claustral au moment de la suppression, et dom Samoël. Ce dernier,
l'un des plus jeunes ( il était né le 16 février 1756), a vécu jusqu'Ã
nos jours. J'ai eu le plaisir de le voir en 1834, lorsque je recueillais
les matériaux de mon Histoire du Foiez; nous causâmes longue-
ment ensemble de l'abbaye en faisant honneur à la frugale collation
qu'il m'avait offerte. Il demeurait alors à Fleury-la-Montagne
(Saône-et-Loire), dont il est devenu plus tard curé, et où il est
mort il n'y a pas longtemps, dans un âge fort avancé. Ainsi finit
l'abbaye de Charlieu.
La seconde partie du livre de M. Desevelinges est consacrée Ã
l'histoire civile, c'est-à -dire à l'histoire proprement dite de la ville de
Charlieu. C'est celle qui nous intéresse le plus. Malheureusement
l'absence de documents n'a pas permis à l'auteur de nous donner
un récit suivi. Il s'est contenté de réunir quelques dissertations
isolées sur ce sujet. Peut-être M. Desevelinges a-t-il un peu
négligé cette partie de son livre. L'histoire des habitants de Char-
lieu est certainement plus importante pour nous que celle des moi-
nes, et cependant elle n'est guère qu'en germe dans son livre. Il me
(1) Hist. de la ville de Charlieu, p. 63.
(2) Cette date, que j'emprunte à l'ouvrage de M. Desevelinges (p. 66), ne
me semble pas d'accord avec celle qu'il donne au bref du pape ( 4 juillet
1788). La décision du roi doit être postérieure à celle du pontife.