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448 HISTOIRE 1>E CH.VRLIEU. saisirait bien mieux les détails curieux dans lesquels il est entré. « Dans les sculptures du portail, si remarquables du reste, on eut soin de mettre les statues de l'évêque Ratbert, fondateur, et du roi Boson, bienfaiteurdu monastère, reconnaissables tous deux à l'édifice qu'ils tiennent entre les mains. Vers le même temps on fit exécuter sur un mur du réfectoire des peintures à fresque très-remarquables, où l'on fit entrer aussi les effigies de l'un et de l'autre, avec les mêmes attributs. Des fragments de ces peintures, menacées de destruction, furent envoyées à Paris pour le musée des Thermes de Cluny, par l'auteur de cet ouvrage, à la demande du ministère de l'intérieur, sous le règne de Louis-Philippe. » (P. 26-27.) Un bref du pape, qui supprima, peu de temps avant la révolution, la branche des Clunistes appelée de la vieille Observance, amena l'extinction totale du monastère de Charlieu, qui d'ailleurs ne ren- fermait plus que deux religieux. Les idées du siècle n'étaient plus à la vie claustrale. Comme le dit M. Lorain, à propos de l'abbaye de Cluny, lorsque l'assemblée constituante rendit son décret célèbre du 13 février 1790 qui supprimait les monastères, « elle ne faisait guère que proclamer une ruine et promulguer en quelque sorte un décret de la Providence (1).» C'est bien à toit, en effet, que quelques esprits prévenus accusent la révolution de la destruction des ordres monastiques. « Elle fut un instrument et non pas une cause (2). » L'assertion peut se justifier rien que par ce qui se passa dans notre province : les quelques grandes abbayes qui y avaient brillé jadis étaient toutes mortes ou en train de mourir lorsque sonna l'heure de la révolution. Celles de l'île Barbe et d'Ainay étaient sécularisées depuis longtemps; les moines de la Bénisson-Dieu avaient fait place à des femmes ; ceux de Savigny avaient demandé leur sécularisation en 1770,- à Valbenoîte, il n'en restait plus que quatre en 1789, y compris l'abbé, qui menait une vie peu monastique (3). L'habit monacal trouvait peu departi- (i) Lorain, Essai historique sur l'abbaye de Cluny, p. 322. (2) Ibid. (3) La Tour-Varan, Chronique des ehâleaur, et des abbayes (du Forez) l. I, p. 274,