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                       HISTOIRE DE CHARLIEU.                          311
 damnées, que pour ne pas reconnaître par cet acte une juridic-
 tion qu'elles contestaient. »
    Vers le même temps, le prieur de Charlieu ayant fait promener
et fustiger dans la ville des personnes surprises en flagrant délit
d'adultère , Jean de Serannis , bailli de Mâcon (1 ), sur la plainte
de quelques bourgeois déclarant que le prieur n'avait pas ce
droit, et que c'était une punition inaccoutumée à Charlieu (la
charte d'afiranchissement n'en parle pas, en effet), se saisit lie la
justice monachale, et la mit dans la main du roi. Le même fait
s'étant reproduit encore plus tard, le prieur ne tint aucun
compte de la saisie opérée par. Jean de Serannis: Robert
Sans-Avoir, bailli de Mâcon , mit de nouveau la justice du prieur
dans la main du roi. Les moines se plaignirent au parlement,
demandant que la justice leur fût rendue ; le bailli, au contraire,
prétendit qu'ils ne devaient pas être écoutés, ayant fait une
chose inaccoutumée, et ayant de plus violé la saisine du roi, dans
les mains duquel avait été placée précédemment la justice du
prieur. Les moines répliquèrent que la punition qu'ils avaient
appliquée l'était journellement par les nobles et autres per-
sonnes ayant justice dans la contrée ; que, de plus, ils ignoraient
que Jean de Serannis eût saisi leur justice. Le parlement, après
avoir entendu les parties , donna gain de cause aux moines ,
attendu qu'ils avaient toute justice dans la ville (2), et n'avaient
fait qu'appliquer une peine en usage dans la contrée , ce qui
était vrai. Voyez particulièrement la charte d'affranchissement
donnée aux habitants de Villefranche par le seigneur de Beaujcu,
en 1260 (3).
  Nous avons vu que les bourgeois avaient été déboutés de leur
prétention d'avoir un sceau. Ils étaient donc tenus d'avoir recours
h celui du prieur lorsqu'ils avaient à faire sceller un acte de


   (1) Ce bailli ne figure pas dans la liste donnée par Brussel, p. 490 de
son Traité des Fiefs, à moins qu'il ne soit question de celui qui y esl
appelé Jean de Duissan, en 1269.
   (2) Olim, t. I , p . 909 et 910.
  (3) Hist. du Beaujolais, par M. de laUoehc-la-Carclle, t. 1.