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2'J8 DE LA PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE. losophie de l'histoire les plus dignes d'être admises, si nous les séparions d'une doctrine idéaliste assez compliquée. Sur deux points, le savant philologue rompt totalement- avec les écoles philosophiques de son pays. D'abord, il voit sage- ment dans le progrès un simple fait et non pas une fin à laquelle tout soit destiné à concourir ; en sorte que les di- verses générations ne viennent pas sur la terre vivre en vue de ce qui se passera après elles et pour préparer les taber- nacles de l'avenir, mais chaque génération au contraire a également son but dans le présent, vit pour elle-même et en vue de sa propre destinée. Ensuite, Guillaume de Hum- boldt repousse l'idée d'une marche des nations vers une grande cité cosmopolite, rêve des stoïciens que saluaient fatidiquement Kant, Fichte , Herder, Krause, Schelling et Hegel. Il pense, à l'opposé de ces derniers, que le dévelop- pement historique doit demeurer multiple, offrir une variété constante, engendrer sans fin les types du génie individuel des peuples et reposer sur l'indestructible diversité des na- tionalités et des langues. Mais ces opinions, quelque plau- sibles qu'elles soient, tiennent, comme nous l'avons dit, chez Guillaume de Humboldt à un idéalisme dont l'examen nous rejetterait en pleine et gratuite métaphysique, et de toute façon elles ne peuvent avoir la valeur d'un corps de science tel que la philosophie de l'histoire aspire à en constituer un, Le signe incontestable au surplus que la philosophie de l'histoire est encore à faire, nous le trouverions dans un livre non sans valeur qui a été le dernier traité composé sur cette vaste matière. M. Barchou de Penhoën, membre de l'Ins- titut, écrivain connu par de bons travaux et particulièrement adonné à la culture de la philosophie, a publié, en 1854, un Essai sur la philosophie de l'histoire. Son livre expose par- faitement la direction actuelle des esprits et le dernier état de la science dans cet ordre d'études. On scrute, avec une