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AU XVIIIe SIÈCLE. 205
attribués à Voltaire lui-même, qui ne s'en offensait pas.
Vergier, un de nos meilleurs conteurs en vers, après
Lafontaine , était aussi de Lyon ; mais il vécut à Paris et
n'appartint pas à l'Académie.
Bordes n'est pas seulement un poète, mais un historien et
un philosophe. Qui combattit avec le plus de succès l'éclatant
sophisme de Rousseau contre les sciences et les lettres ? De
l'aveu de Rousseau lui-même, c'est Rordes, auquel il écrit :«De
tous les adversaires qui se sont mis sur les rangs, vous
êtes le seul que j'aie craint, ou plutôt de qui j'aie espéré de
nouvelles lumières. » Mais l'intimité croissante de Bordes
avec Voltaire et la lettre au docteur Pansophe, dont il est
l'auteur, devaient bientôt faire cesser ces rapports de mu-
tuelle estime et porter au comble l'irritation de Rousseau.
Plus d'un des membres de notre compagnie nous fut enlevé,
soit par l'Académie des sciences de Paris, soit par l'Académie
des inscriptions et belles-lettres, soit par l'Académie fran-
çaise. C'est de l'Académie de Lyon que passa à l'Académie fran-
r
çaise l'abbé Millot qui avait été obligé de quitter la congré-
gation des Jésuites pour un éloge de Montesquieu couronné
à Besançon. De même, au XIXe siècle, avons-nous envoyé
s'asseoir parmi les quarante un autre académicien lyonnais
illustre entre tous, Ballanche, qui, nous l'espérons bien, ne
sera pas le dernier.
J'aurais aimé vous entretenir des Stella, des Coysevox,
des Goustou, de ces grandes familles d'artistes dont Lyon
fut le berceau. Mais les Stella sont du XVIIe siècle, et si
Coysevox et les frères Coustou ont vécu jusque dans les
commencements du XVIIIe siècle, déjà , depuis longtemps, ils
nous avaient été enlevés par la capitale. Néanmoins, l'an-
cienne Académie peut encore se vanter de noms illustres dans
les beaux-arts. La patrie de Philibert Delorme a aussi le droit
de revendiquer Soufflot. Soufflot a passé plus de vingt années