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                       LE PÈRE DE LA CHA1ZE.                             141
eurent paru, tout en continuant à protester, il ne les condamna
point comme doctrine hérétique (1).
   l a déclaration de 1682 amena de longues discussoins pour
défendre ou pour attaquer les articles. Il fut impossible pendant
longtemps d'arriver à un accord. Le Pape refusa l'institution apos-
tolique aux nouveaux évêques nommés par Louis XIV ; en sorte
que trente-sept sièges, en l'espace de trois ans, se trouvèrent
sans pasteurs.
   Le P. de la Chaize, fidèle à son rôle de conciliation, et dans
l'espoir de mettre un terme à ce déplorable état de l'Eglise de
France, adressa, en date du 23 mars 1686, au Général de la
Compagnie, une dépêche ainsi conçue :
   « Mon Très-Révérend Père , (2) , j'ai reçu la lettre du 15
de janvier, que Votre Paternité m'a fait l'honneur de m'ecrire ,
et j'y ay veu avec d'autant plus de joye ce qu'elle me marque
des sentiments de tendresse et de reconnoissance que le Souve-
rain Pontife témoigne pour la personne du Roy, que personne
ne sait mieux que moi jusqu'à quel point Sa Majesté les mérite,
non seulement par les choses admirables qu'elle fait pour la
religion, qui passent de beaucoup tout ce qu'on peut vous en
mander et ce qu'on peut dire, mais beaucoup par le zèle pur et
sincère pour la vraye Foy et pour le salut des âmes avec lequel il
les fait, préférant à tous ses intérêts ceux de Dieu et du Chris-
tianisme. Je suis sûr q u e , si Sa Sainteté voyoit cela dans sa


   (1 ) « Les papes, et Innocent XI lui- même, se sont abstenus d'un jugement
décisif et solennel : cependant, à diverses reprises, le Saint Siège cassa et
annula la déclaration de 16S2. Alexandre VIII, en J69l, Clément XI, le
31 août 1706, et Pie VI, en 1794, ont condamné les quatre propositions,
surtout comme acte du clergé de France, prescrivant d'enseigner telle doc-
trine et réprouvant la doctrine contraire , qui est la plus généralement
reçue dans l'Eglise. C'était de la part du clergé de France réuni, non en
concile, mais en simple Assemblée, s'arroger les droits du Pape et de
l'Eglise universelle. » (Histoire de la Compagnie de Jésus, par M. Crétineau-
Joly).
   (ï) Cette lettre n'est pas inédite comme la plupart de celles que ren-
ferme cet essai ; elle a été publiée dans ['Histoire de la Compagnie de Jésus.