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34                     LE PÈRE DE LA CHA1ZE.
suites, le Père de la Chaize, cédant au vœu général, fit imprimer
son cours en abrégé (1).
   Voici en quoi consistait cette méthode :
   Il expliquait d'abord l'état d'une question, puis il exposait les
différentes opinions des anciens et des modernes. Ses auditeurs
avaient ensuite la liberté de choisir et de soutenir celle qui leur
paraissait la mieux fondée. Enfin, lorsqu'il voyait que la discus-
sion était arrivée au point voulu, il faisait connaître sa propre
opinion, « qui se trouvait établie sur les débris ou sur la conci-
liation des précédentes (2). »
   Plus tard, il enseigna la théologie dans la même ville, avec
non moins de succès ; mais, presque aussitôt, il fut nommé rec-
teur de la maison des Jésuites de Grenoble.
   M. de Villeroy, archevêque de Lyon, qui avait pour lui une
affection toute particulière, ne put supporter son absence ; il
écrivit au Général de la compagnie, et, au bout de quelques
mois, il obtint le retour de son protégé, nommé depuis peu Pro-
vincial. Ce prélat était un homme de premier ordre : comme
tel, il avait été choisi par Louis XIV pour administrer à la fois
le diocèse et le gouvernement du Lyonnais (3). Il ne tarda pas
à comprendre le rare mérite du Père Provincial ; aussi quand le
P. Ferrier, confesseur du roi, vint à mourir, il n'eut pas de peine,
de concert avec le maréchal son frère, à faire agréer pour son
 successeur le P. de la Chaise. Ce choix fut d'autant plus glorieux
 pour celui-ci qu'il avait toujours vécu loin de la cour.
    11 avait alors cinquante et un ans.


   (1) Lyon, 1661 ; 2 vol. in-folio sous ce titre : Peripateticœ quadruplis
philosophiez placita rationalis, naturalis, supematwalis et moralis.
   (2) Eloge du P. de la Chaize, par M. de Boze.
   (3) Saint-Simon nous apprend que l'un des frères du P. de la Chaize,
« qui se connoissoit parfaitement en chiens, en chasses et en chevaux, fut
longtemps écuyer de l'archevêque de Lyon, frère et oncle des maréchaux
de Villeroy, et commanda son équipage de chasse, pour laquelle ce prélat
étoit passionné. » Plus tard, il devint capitaine de la Porte du Roi, grâce
à la faveur de son frère.