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C'est le propre des mécnà ns dé répondre aux plaisanteries,
même les plus légères, par la diffamation et la calomnie. Nous
le demandons à toutes les personnes de quelque bon sens: y a-
t'il la moindre parité entre l'attaque de Rousseau et la défense
d'Autreau? de quel côté est la noirceur, de quel côté est l'infa-
mie ? (1 ) Pour humilier son adversaire, Àntreau commence
d'abord par lui reprocher sa naissance; il lui reproche ensuite
d'avoir renié tous ses parens dès l'âge le plus tendre ^ d'être allé
en Angleterre et en Suède pour éviter la présence importnue
de son père. Ce n'est pas tout; selon la complainte, Rousseau
se trouvant un jour, dans une grande maison ^ où il se parait
d'un nom supposé, son père vient pour en chausser le maître.
Mon fils ! s'écrie , avec transport, le bon cordonnier! et le fils de
s'enfuir aussitôt. La complainte fait ensuite vomir à Rousseau
des serpens et des vipères chez Francine et chez l'abbé Pic ; puis
(t) Il y a beaucoup à rabattre des reproches de méchanceté adressés à Rousseau.
Si l'on ne peut pas dire que ce fut un homme parfaitement bon, on est forcé
d'avouer aussi que les gens auxquels il avait affaire étaient mille fois plus mé-
dians que lui, et que s'il lui arrivait de donner un coup à 'c'pingle, on lui répon-
dait par un coup de poignard.
En 1705, Roussean fit une ode sur la naissance du duc de Bretagne , dont la
dernière strophe , que voici, était dirigée contre Lamotte .
Si, pourtant, quelqu'esprit timide,
Du Pinde ignorant les détours
Opposait les règles d'Euclide
Au désordre de mes discours ;
Qu'il sache que , sur le Parnasse ,
Le Dieu, dont autrefois Horace
Apprit à chanter les héros,
Préfère ces fougues lyriques
A tous les froids panégyriques
Du Pindare des Jeux Floraux.
Cette strophe peut bien être regardée comme un véritable coup d'épingle. La-
motte, le bon Lamotte y répondit pourtant par une ode très-perfide sur le mé-
rite personnel, où la naissance de Rousseau était malignement rappelée, et dans
laquelle il était représenté , à la vérité d'une manière indirecte, sous les traits
d'un flatteur, d'un traître, d'un calomniateur, d'un cynique, d'un fourbe, d'un
infâme. Voltaire regardait cette ode comme \,yès,-philosophique : il faut croire qu'il
plaisantait, ce qui lui arrivait souvent.