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Ces progrès, elle en avait besoin pour la soutenir dans l'accomplissement de
la tâche difficile qu'elle s'était imposée, et encore n'eut-elle pas triomphé de tous
les obstacles multipliés sous ses pas, sans la protection éclairée des administrations
publiques, sans le concours des citoyens dévoués aux progrès -de l'instruction et
que notre ville compte en si grand nombre dans son sein.
C'est à l'aide des secours accordés par l'administration municipale, que nous
avons pu conserver toutes les écoles gratuites , si laborieusement fondées. C'est
avec l'appui de l'université et du département, que nous avons créé ces écoles
d'adultes qui ont eu un si étonnant succès, et qui nous ont enseigné à quel point
notre population se sentait pressée du désir de rejeter le fardeau si pesant d'une
complète ignorance.
Aujourd'hui, nous comptons six écoles d'hommes adultes ; dans le cours de
cette année , nous avons fondé une école de femmes adultes, non moins suivie que
ses aînées ; ouvert avec le même bonheur , une école d'enseignement mutuel pour
les jeunes filles; et, encouragés par de si favorables résultats , nous ouvrirons au
premier novembre prochain, pour les jeunes filles et les femmes adultes, une
nouvelle école, placée dans la partie la plus populeuse et la plus centrale de la
ville.
Vous le sentez , Messieurs, de tels établissemens ne sauraient se soutenir s'ils
ne trouvaient dans l'administration municipale un puissant appui. Cet appui nous
a été accordé généreusement, et nous recevons aujourd'hui, de la ville de Lyon, le
secours important d'une somme de dix-sept mille deux cents francs. La ville de
Lyon a fait pour nous plus encore, elle nous a confié son école du degré supérieur ;
aussi, afin de mériter un si honorable témoignage d'estime, aucun sacrifice ne sera
épargné, aucun effort ne nous coûtera pour rendre un jour cette école digne
de laseconde ville de France.
11 est une autre institution à laquelle nous voudrions donner un plus grand dé-
veloppement, mais qui, toute restreinte qu'elle est, et grâce au zèle et aux ta-
lens de M. Laforgue , un de nos professeurs, offre cependant d'heureux résultats ;
je veux parler du cours normal, destiné à former des instituteurs pour l'enseigne-
ment élémentaire. C'est par ces résultats que vous la jugerez. Dans le cours de
cette année , il a été délivré aux élèves-instituteurs de notre école , onze brevets
d'instruction élémentaire et cinq brevets du degré supérieur, et aux élèves-ins-
titutrices, un brevet du premier degré et cinq du second. Ainsi, nous avons en-
richi renseignement élémentaire, si pauvre encore en instituteurs capables, de
vingt-deux sujets, qui concourront à leur tour , à verser au milieu de nos conci-
toyens, les lumières de l'instruction primaire.
Vous nous pardonnerez, Messieurs, ces détails; énumérer les établissemens
utiles formés par notre société, c'est payer un juste tribut de reconnaissance aux
magistrats et aux citoyens à qui nous les devons ; faire connaître le bienfait, c'est
signaler le bienfaiteur à la gratitude publique. Cette distribution de prix qui se