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                          jjJGAS-MOraTBÏÏL.

  M. Dugas-Monlbel est mort à Paris, le 30 nuvembre ; un des
amis de M. Dugas-Montbel, notre compatriote, M. Bignan^ a pu-
blié, dans le Moniteur, une courte notice où l'on trouve quel-
ques détails intércssans sur l'honorable député que nous venons
de perdre. La voici, en attendant l'article biographique que dans
notre prochaine livraison, la même plume se réserve de con-
sacrer à M. Dugas-Montbel.
    « La mort vient de frapper un noble et zélé citoyen, un homme de bien et de
talent, un littérateur distingué, M. Dugas-Montbel, qui laisse deux places vides,
l'une à la chambre des députés, comme un des représentans du département' du
 Rhône; l'autre, à l'Académie royale des Inscriptions "et Belles-Lettres, comme
membre honoraire. Quoique sa carrière législative aitété tardive et courte, il n'en
justifia pas moins le choix de ses concitoyens par une modération de principes,
par une sagesse d'opinion qui, au besoin, n'excluaient pas la fermeté et le cou-
rage. Il faisait partie de l'opposition libérale des 2 2 1 , et la révolution de juillet le
trouva fidèle au poste où l'appelaient la défense des lois et l'honneur du pays.
Quant à sa vie littéraire et scientifique, elle a été signalée par d'honorables succès.
Sa traduction en prose de L'ILUDE et de L'ODYSSÉE , et ses commentaires philoso-
phiques sur ces deux chefs-d'œuvre , resteront comme un monument d'un cons-
ciencieux travail. Il avait encore entrepris de traduire ESCHYLE , lorsque l'affaiblis-
sement graduel de sa santé le condamna à un repos complet. Après trois mois
d'une lente maladie, une mort cruelle l'enleva, dans sa soixantième année, à un
frère, à une famille dont il était tendrement chéri, â toutes les personnes qui,
dans l'intimité ou dans le monde, avaient pu apprécier en lui la réunion des bril-
lantes et solides qualités de l'esprit et du cœur. Une douce communauté de voya-
ges, de goûts et d'études, rend sa perte douloureuse surtout pour le compatriote,
pour l'ami qui lui consacre ce faible mais sincère tribut d'éternels regrets. »

                                                                   A. BIGSAN.

  Les obsèques de M. Dugas-Montbel ont eu lieu à Paris, le
2 décembre. M. Ballanche a pris la parole en ces termes r
    « La ville de Lyon , ma chère et infortunée patrie, a honoré trois fois de son
suffrage mon noble et généreux ami. La mort de Dugas-Montbel sera un deuil
ajouté à tous les deuils de cette cité célèbre entre toutes. Oui, la ville de Ta re-
ligion , de la charité, est aussi la ville des grandes douleurs , des grandes catas-
trophes. Nulle épreuve , nulle splendeur , nulle misère ne lui a été épargnée.