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436                       AUTOUR DE LYON.

Marcellin, qu'une partie de la population celtique venait de
familles humaines forcées de quitter leur station primitive à la
suite des submersions successives d'une mer surexcitée (1).
Voilà donc, dans la Gaule, des tribus spectatrices et victimes de
l'un des grands cataclysmes subis par notre planète.
   — Notre guide a-t-il recueilli sur ce drac quelque tradition,
légende ou ballade?
   — Non. Il se borne à dire, d'après l'etymologie reçue, « que
les contours du ruisseau, multipliés comme les anneaux du ser-
pent, ont fait donner à la vallée qu'il arrose ce nom de Val du
dragon. »
   — Hum! l'avenir pourrait bien rendre très-recevable cette
étymologie reçue. En attendant, je prends le parti, pour abré-
ger, de vous nommer, au fur et à mesure de leur apparition sur
notre route, les monts, les plaines, les hameaux, les castels, les
lacs et les rivières. Il est entendu que je fais miens les noms
que le latin explique, je vous livre les autres. Attention ! voici
déjà le Potensinay et le Garon, l'un coulant à droite et l'autre à
gauche. Nous sommes, vous le voyez, à une ligne de faîte, à
l'un de ces points de partage des eaux qu'un organisateur pré-
voyant a distribués sur le globe, pour y rendre possibles le dé-
veloppement et l'exercice de la vie. Donc, le

   — Potensinay !
   — Je n'ai rencontré nulle part sa forme latine ; laissons-le
s'écouler tranquillement par sa vallée.
   — Alors prenons le
   — Garon.
   — Pour celui-là, son vêtement latin nous est parfaitement
inutile : à la réserve du g initial, qui fut c jadis, il n'a pas
changé, depuis qire le premier homme de race indo-européenne,
dont it fut aperçu, l'appela Carôn-os, ou probablement Carôn-
asl Au moyen du c restitué, le Garon se trouve frère de nom,

   (1) « Alluvione fervidi maris sedibus suis cxpulsos » (Amm. Marcel!.,
lib. XV, cap. ix).