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              LK PAGE BU BARON DES ADRETS.                93

    — Mais où la trouver ? car, elle aussi, il faut la pré-
 venir et la sauver.
    — Nous la trouverons, je l'espère. Mais d'où vient
 la maladie du baron, sa fureur contre moi, son attaque
 et ces coups que j'ai évités sans peine, car il n'avait
 aucune conscience de ce qu'il faisait quand il me char-
 geait si vivement avec son épée. J'aurais pu le frapper,
car il ne se tenait pas sur la défensive ; il plongeait son
épée devant lui comme s'il eût frappé un ennemi ima-
ginaire et il est tombé comme s'il eût reçu de cet enne-
 mi une blessure que personne ne lui a portée.
    — Je puis vous répondre, dit un officier huguenot.
J'étais à l'archevêché, dans la salle où était le duc,
quand une jeune dame a dit au baron que vous étiez
l'ami et le préféré de la jeune comtesse de Varennes,
et celte révélation a fait bondir de douleur, a tué peut-
être le baron qui est sorti frappé, chancelant, fou de
rage, et certainement hors d'état de savoir ce qu'il fai-
sait en vous rencontrant.
   — Oh! je comprends tout, s'écria Blancon avec dou-
leur. Mon ami, mon chef m'a soupçonné de lui avoir
enlevé le cœur de celle qu'il aimait, et moi je déclare, je
jure que jamais je n'ai dit à cette jeune dame mes sen-
timents pour elle; jamais même je n'ai soupçonné autre
chose qu'un amour paternel et bienveillant d'un côté,
filial et respectueux de l'autre dans les relations qui exis-
taient entre le jeune et vaillant page, le sombre et aus-
tère général.
    — Mais ma nièce, où est-elle? qui nous la rendra,
dit en gémissant le pauvre chanoine épeuré et trem-
blant. Capitaine, Monsieur, vous son ami, vous savez