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LION EN NOVEMBRE 4 8 7 0 . 443 l'assemblée était à coup sûr suspecte. Sur une estrade, des femmes court vêtues venaient à tour de rôle débiter des chansons à la mode, pleines de sales équivoques, qui font fureur dans nos cafés-concerts des Champs-Ely- sées, et qui nous ont conquis à l'étranger une si triste réputation. Je regrettais de voir ces jeunes gens dépen- ser ainsi et en semblable société leurs heures de loisir. Je ne suis pas plus puritain qu'un autre, mais il me sem- ble qu'au milieu des tristesses et des deuils de la patrie, de pareilles exhibitions sont au moins déplacées. À la veille de se battre pour sauver le pays, on a mieux à faire qu'à , applaudir des choses sales. Il n'est que juste d'ajouter que, quelques jours plus tard, à Tours, j'appris, par un journal de Lyon, que cet établissement et ses pareils étaient fermés et convertis en greniers à blé. Il fait bon se coucher de bonne heure à Lyon, car on y est réveillé de bonne heure. Il faisait à peine jour le len- demain matin quand le son du clairon se fit entendre. Les gardes nationaux se rendaient à l'exercice. Sur toutes les places des officiers instructeurs faisaient l'ap- pel, passaient les hommes en revue. Les absents étaient rares. Je remarquai avec plaisir l'air ferme et résolu de ces hommes qui venaient apprendre le métier de soldat après tant d'années vouées à des occupations pacifiques. Peu de jeunes gens dans le nombre. Ils partaient ou étaient partis. Ceux que je voyais constituaient la garde nationale sédentaire. La discipline était bonne. Presque tous portaient une partie d'uniforme, très-peu avaient l'uniforme complet ; tout décelait une population subite- ment appelée aux armes, plus préoccupée du maniement de son fusil que de sa tenue militaire. Tous les matins, 40,000 hommes s'exercent sur les places et sur les pro-