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8                           POÉSIE.

    Un sourire, en passant, à tes Arlésicnncs,
    Fières de leur costume étrange et de leurs traits,
    De leur taille élancée} elles sont toutes tiennes,
    Mais leur galbe est romain ou grec en ses attraits.
    Quels brillants cheveux noirs ! quelle altière prestance'
    Quel teint de blancheur mate et quels yeux veloutés !
    Ainsi que dans un rêve, on croit revoir en France,
    Les sœurs de Porcia, ces sévères beautés.

    Tu rencontres la mer pour ton immense tombe...
    Non ! non ! fleuve royal, tu resplendis toujours,
    Et ce lit solennel reçoit ton eau qui tombe,
    Qui renaît, qui revient, plus sublime en son cours.
    Traverse donc encor tes plaines de verdure,
    Tes monts, tes grands blés d'or et tes bois ravissants,
    Tu ne peux pas quitter l'adorable nature,
    Et tes bienfaits si purs sont pour nous incessants.

    Règne en triomphateur, oui, règne, mon beau Rhône,
    Car tes flots ont choisi notre ciel biçn-aimé !
    Etrangers, vous pouvez garder le Tibre jaune,
    Nous avons nos trésors et notre air parfumé !
    La France a des saphirs à son grand diadème,
    Comme elle a, sur son sol, de vastes réservoirs ;
    Elle est la favorite, on le sait, de Dieu même,
    Le Rhône est le lien de ses plus doux espoirs !

                                      M1" Adèle   SOUCHIBR.