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288 AUTOUR DE LYON. Cassan-us, d'où casn-us (1), caoisn-e, coisn-e, quesn-e, chesn-e, chên-e, existe en Cassan-o et Cassiw-omagus et gilum, devenus Chassen-on (Charente), Chassen-ea'û (Indre), Cassen- euil ou Cassan-e\ (Lot-et-Garonne) ; en chassen-al, un chesneau au langage d'oc (2). Cassanus provient lui-même de cymrique cœden, koaden, arbre de futaie, baliveau, madrier; le d changé en s ou s, en vertu de la loi expliquée au mot Couzon (3). Beaucoup de noms de lieu, tels que Chassan-ia, Chassan- iacum, CaseM-ica, Chassen-atis, etc; existaient sur le territoire des Ségusiaves (4); ce qui prouve deux choses : 1° Que les fu- taies de chênes n'étaient pas rares dans la terre de vos aïeux ; 2° que vos susdits ayeux parlaient un langage peu éloigné de celui dont se servait la race des Cymris. A la pompe forestière de la Ségusiavie, par conséquent, devait participer la côte ou, au moins, une partie de la côte des Etroits. Mon interlocuteur réfléchissait. — Au fait, reprit-il, après ce moment de méditation, vous m'avez passé trois étymologies latines, je vous passe Chassagnes, mais n'y revenez plus. — Précisément, j'y reviens et à propos du joli château de — Choulan, bâti à l'autre entrée et à mi-côte des Etroits ; près de là coulait une source. Paradin a lu d'anciens documents et pancartes où cette source est appelée « Silafons. » De ce nom, ajoute-t-il, est demeuré un vestige en la langue du vulgue, qui (1) «Excepto quod in castagnetis et aliisnemoribusseu ruvoribus, casnis, cereis, etc., 1320 (id., sub. v. Gasnus.) — Casnetum, chênaie, an. 508. (Dietz, Gramm. des Rom. Sprach, t. 1, p. 28.) (2) Due., ibid. —On trouve môme le diminutif casée : motas dictios signilîca una causa : corals, casses, garrics, royres (Las lays d'amor, ï r a pars de's noms Sinonimutz}, (3) V. lettre deuxième. (4) V. entre autres, M. Vachez, Ager Gofiacentis, etc., dans les Mé- moires lus à la Sorbonne, 1867. — Cf. aussi Cassan-iœ, la Chassagn-e, ancienne abbaye en Bresse ; Chas$agn-e, commune voisine d'Anse, etc.