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                     NOTICE SUR TRÊVES.                 243

 pas. Faut-il supposer une omission, une erreur, comme
 dans tant d'autres circonstances ? nous ne saurions ré-
 pondre. A quel événement faut-il donc rapporter les osse-
 ments trouvés près du pont, ces armes et ces tombes
 découvertes au Fautre ?
    Est-ce au passage du Néron du Dauphiné, en 1562, lui
 qui a si malheureusement ensanglanté cette contrée, qui,
 pour obtenir passage sur leur territoire, a livré la grosse
 cloche de Givors à Ban et la seconde à Echalas ? Ou à une
de ces bandes qui traversèrent maintes fois notre pays
pendant près de deux ans, celle par exemple, qui as-
siégea et prit Rive-de-Gier combattant encore, après la
prise du château-fort, au devant et jusque dans le chœur
de l'église, où fut massacrée cette garnison citoyenne
renforcée des habitants d'alentour ?
    Est-ce à une des divisions des Tards- Venus ? les mé-
moires du temps ne le disent pas. Ce qui est vrai, c'est
qu'au moyen-âge, la France fut agitée, divisée, troublée
de tous côtés par des bandes de prolétaires devenus des
brigands armés, organisés, s'escrimant au jour le jour
pour vivre, sans travailler, de rapines, de meurtres,
d'incendies ; routiers mercenaires, qui s'engageaient et
se battaient pour leur salaire, au service du premier ba-
ron venu dont ils servaient les vengeances; souvent
pour leur propre compte ; n'ayant pour but que le pil-
lage, pour honneur que la bourse, et pour drapeau que
l'argent ; de sorte que chaque localité était obligée de se
mettre en garde contre leurs surprises assez fréquentes.
   En ces temps malheureux, nos pères eurent à souffrir
des maux incroyables, des guerres féodales, des Tards-
Venus, des grandes compagnies d'Ecorcheurs, de la Jac-
querie, de la Ligue, et de la peste noire qui détruisit la
moitié des habitants de l'Europe. Qui oserait se plain-