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AUTOUR DE LYON. 457 comme il l'est de régime torrentiel, avec les divers Caron, Carron, Carun qui précipitent leurs eaux par les régions celti- ques : le Carron ou Carun des poèmes d'Ossian, par exemple,- le Caron, affluent du Forth, en Ecosse; le Carrion de la Celti- bérie septentrionale, etc. Cette fraternité le rattache dès-lors au groupe celtique des cours d'eau formés de l'élément indo-euro- péen, car, aller, couler à travers : la Gironde, la Char-enle, la Garonne, le Cher et, en Ségusiavie, le Gier, le Chéron, l'un des bras ou affluents du Garon, la Charmse, etc. Carân, Caron, formes primitives de Garon, annoncent un participe présent moyen.celtique. Perdu par le néo-celtique, mais conservé par le zend et le sanscrit, il remonte indubitable- ment à l'époque où la famille des Ombres et des Celtes ne s'était pas encore réparée de ses sœurs âryane et iranienne. — Bigre ! voilà un nom qui peut se vanter d'avoir de fameux parchemins ! En accordez-vous de pareils au suivant : — Bontalon ! — Je me contente, pour le moment, de vous faire observer que Rontalon dénote, comme la Bontalonnière, ancien arrière- fief du voisinage, une frontière importante. Renvoyons-les l'un et l'autre, si vous le trouvez convenable, à notre excursion dans ie Mornantais. — Volontiers. Les bois du — Poypy ! — Vous connaissez mon origine de ce mot, frère de poype (1); c'est Pib, Pip, Pob ou Popiâcum : donc, « bois du tertre ou du mont. » N'est-ce pas la situation? — C'est vrai. — Thurins! Voyez : ce village en haut lieu, au-dessus de la route. J'ai presque envie de proposer turres, tours. Le château, d'un aspect encore féodal, porte, il est vrai, la date de 1877, mais il a dû succéder à un plus ancien. (1) Revue du Lyonnais, 1867, p. 409.