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                        POÉSIE.                           428

Mais je complais, Seigneur, sans un tyran perfide!
Il est venu broyer les mères !... Sois maudit,
Oh ! jusque en tes enfants ! tu brises ceux des autres,
Roi parjure ! l'honneur ne t'a donc jamais dit,
A toi qui veux singer les plus dévots apôtres,
Que le sang de nos fils retomberait sur toi,
Sur ta tête, vieillard, sur ta sinistre race'...
 Mais ton hypocrisie a-t-ellc bien la foi?...
Devant tes cruautés, Dieu se voile la face. —
                          m.
Je reviens à mon fils, à mon jeune soldat ;
Dans les bois, les fossés, il s'élance, intrépide.
Disputant le terrain, en héros il se bat,
De lutter jusqu'au bout comme il se montre avide ! —
Et moi je viens prier non loin de son berceau,
Car je l'ai conservé, près du bahut antique
Légué par mon grand-père, et le cher lionceau
Était alors un être à figure angélique !
Comme il était joli ! qu'on l'aimait au manoir!
Madame la comtesse en était comme folle :
— Jeanne, savez-vous bien que je viens pour le voir,
Disait-elle, oh ! j'en rêve et j'en fais mon idole !
C'est mon gentil filleul ! il est à toutes deux,
De grâce, laissez-moi l'embrassera mon aise...
Sa fossette au menton, son teint frais, ses yeux bleus
Font qu'à chaque moment sa marraine le baise. —
                          IV.
Je le suis pas à pas... mon amour maternel
Ne pourrait l'oublier même au fond de la tombe;
Comme l'amour de Dieu, le nôtre est immortel,
Et nous veillons d'en haut quand notre corps succombe.
Le voilà donc jeune homme et le cœur aux chansons. —
Il aimait ardemment une sage fillette,
Plus blondine que l'or de nos blondes moissons ;
 Je l'aime aussi, la fraîche et douce Mariette,