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DES GUERRES DE RELIGION 407 vent et qui est, sans nul doute, Jean de Serres ( i ) , l'ardent ministre calviniste qui fut, en 15 96, historiographe de France encore indiquer qu'on retrouve en Vivarez un Pierre de Serres qui y était notaire en 1598, et un Antoine de Serre, possessionné à Bourg-Ar- gental, en 1477. Mais son nom se trouve écrit dans d'anciens mémoires sans Vs finale. Nous ne savons si cet Antoine se rattache aux de Serres du Vivarez, qui étaient alliés encore aux familles de Baronnat et de Vogue. Le dernier de cette branche me paraît être Simon-Joseph de Serres, né à Annonay en 1699. Entré aux Jésuites de Montpellier, il mourut en grande réputation de science et de vertu, le 12 avril 1762. La branche de Serres du Pradel portait pour armes : d'argent, au che- vron d'azur chargé de trois étoiles d'or, accompagné de trois trèfles de Sinople. Olivier avait pour devise : Cuncta in timpore, et Jean : Etiam veni, domine Jesu ; Celle de Serres, d'Annonay, portait d'azur à trois besants d'argent, à la bordure échiquetée de deux traits. (1) Jean de Serres doit être né à Villeneuve de Berg ou à . Orange. Les historiens ne sont pas d'accord sur le pays qui lui donna le jour. Il fit ses études à Lausanne, devint ministre à Nîmes, et fut un fougueux calviniste ; il écrivit de nombreux ouvrages, mais de si peu de valeur que je crois inutile de les indiquer. Moreri dit que : dans son « Recueil des choses remarquables arrivées en France de 1547 jusqu'à la mort d'Henri III, (La 2 e édition allant jusqu'à l'an 1596.) il s'est montré le plus passionné et le moins fidèle des écrivains huguenots. Le célèbre Pasquier n'est pas plus indulgent pour Jean de Serres, qui fut en ses écrits plein d'animosité contre la religion qu'avaient professé ses pères et ne ménagea pas ses ministres ; peu s'en fallut cependant qu'il ne rentrât dans le giron de l'Eglise catholique. Il était un des ministres consultés par Henri IV, au moment de sa conversion, pour savoir si on pouvait se sauver dans l'Eglise Romaine, et sa réponse fut affirmative, ce qui lui fait cependant grand honneur. Mais cette réponse le rend impardonnable de n'avoir pas suivi l'exemple de son roi. On accuse ses coreligionnai- res de l'avoir empoisonné ; le fait est qu'il mourut subitement, en même temps que sa femme, à la fin de mai 1598. D'après Spon,dans son His- toire de Genève, ils furent tous deux déposés dans le même tombeau. Jean de Serres n'était âgé que de 50 ans.