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        LETTRE AU SUJET DES ESTOFFIERS LYONNAIS            IO9

 constaté d'après Ducange. Il me semble bien avoir vu, à
Lyon, dans le même temps, des escoffiers et des estoffiers,
 et l'un de ceux-ci mentionné, ailleurs que dans les char-
treaux de l'impôt, comme pannorum textor. On ne peut pas
contester qu'on ait fait à Lyon, au xivc siècle, des draps ou
d'autres étoffes de laine. A Reims, l'estoffier tissait la laine
et le tisserand le lin.
    Je ne saurais dire, à présent, à quels tapissiers a été don-
née, dans les rôles lyonnais, la qualité d'ouvrier en haulte
liche. Dans les dépouillements de comptes et de rôles que
j'ai faits aux archives de Lille, de Reims, de Troyes, etc.,
les ouvriers en haute lisse (ceux qui ont fait des tapisseries
à personnages) sont le plus souvent appelés simplement
tapissiers ou ouvriers de tapisserie. Cette signification,
Francisque-Michel et Viollet-le-Duc, qui se sont occupés de
ce sujet, l'ont attribuée aux tapissiers au xive et au xve siècle.
    Je me permettrai de faire la remarque que, si l'on devait
considérer les ouvriers appelés à Lyon tapissiers au xive et au
xvc siècle, comme des faiseurs de tapisseries à l'aiguille (les
tapisseries à l'aiguille étaient d'ordinaire l'ouvrage des fem-
mes) ou des tendeurs de tapisseries, il faudrait rechercher
pourquoi, au xvie siècle, précisément à l'époque où l'usage
des tapisseries de toute sorte a été le plus répandu à Lyon,
on ne voit plus figurer de tapissiers dans les documents
lyonnais. Les tapissiers reparaissent dans les actes vers
1645, et le métier de ces tapissiers dont je n'ai rien dit,
avait probablement quelque analogie avec celui du tapissier
de nos jours.
   Au surplus, tout ce qui touche aux arts textiles au moyen
âge et à la Renaissance est encore fort peu connu, et il faut
avoir cherché longtemps, dans des milieux différents, à se
reconnaître au milieu de cette obscurité, pour juger des dif-
ficultés de l'étude de ce sujet.