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430                    ORIGINES DE LUGDUNUM.

nique à l'Odih gaulois est notamment digne d'attention. Elle
explique la fable de Phinée transporté par les Harpyes dans les
régions inexplorées des Galactophages. Les progrès de la géogra-
phie furent très-lçnts parmi les Hellènes. Quand ce peuple ami
des fables et doué d'une imagination vive eut perdu le fil des
traditions communes aux. races aryennes, la voie lactée, cette
partie du ciel qu'il appelait yxkx^ixs xtmXos, devint pour lui
le pays d'une horde scythique, dont le nom presque semblable,
a la même origine linguistique. Trompé par cette similitude, il
changea les heureux habitants des régions sidérales en ces Galac-
tophages que les récits des colons grecs du Pont-Euxin reléguaient
dans un lointain merveilleux (1).
   On le voit, des idées de vie héroïque et pure, de félicité sans
fin, étaient attachées chez les Gaulois, comme chez les Grecs
primitifs, à l'enlèvement des âmes par Widdon-Arphus et les Har-
pyes. Ce sont, assurément, ces saintes et consolantes idées
qu'exprime, dans son émouvante brièveté, ce dernier vœu des
parents d'un jeune enfant de trois ans, qui se lit sur une inscrip-
tion mentionnée par M. de Boissieu : ARPAGI VIVAS ! ô Harpage,
vis éternellement (2) .'


  (1) Les Grecs, trois ou quatre siècles après Homère, savent confusé-
ment qu'il existe dans le nord-est de l'Europe, vers le pays des Arimaspes,
des peuples Galactophages. L'auteur de l'Iliade en parle plusieurs fois, mais
il ne leur connaît pas d'autres noms que de vagues épithètes-: Hippémulges,
Galactophages, Abiens. « Ce sont, dit-il, par réminiscence des vieux paradis
grecs et gaulois, ce sont les plus justes et les plus doux des hommes. »
A l'époque de Strabon, les notions acquises sur ces peuples sont plus éten-
dues. Le géographe d'Amasée tes retrouve dans les Saces et les Massagètes;
ces hordes qui voyageaient sur des charriots, faisaient en effet leur prin-
cipale nourriture du lait do leurs juments (V. tout le chapitre 3 du
ivre VIII de la Géographique , dans lequel l'immortel géographe dis-
cute les divers, passages d'Eschyle, d'Hésiode et d'Homère, relatifs aux
Galactophages. — V. encore Malte-Brun, Gêograph. universel., t. I, liv. 2,
p. 29, et liv, 7, p. 94, édit. Penaud).
  (2) C'est ainsi que traduit Marini. Le texte porte seulement ARPAGIV» ;
mais de ce mot, le savant interprète des Actes des Frères Arvales forme