Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                    NOTICK SUR J.-B. DUMAS.                117

 ginaire de tous les mondes, exerçait à Lyon l'état de cour-
 tier-marron. Le fameux révélateur des destinées du globe
 badinait agréablement sur le métier qui arrondissait alors
 son revenu ; par une définition à laquelle de loyaux officiers
publics donnent sous nos yeux un plein démenti, il disait
 « qu'un courtier est un homme qui colporte les mensonges
 d'autrui, auxquels s'ajoutent les siens propres. » Nous ren-
verrions au manuscrit de Dumas ceux qui seraient curieux
de détails ignorés sur l'excentrique écrivain auquel on a
voulu faire jouer le rôle d'un homme de génie. On y trou-
verait, entre autres particularités piquantes, l'histoire d'un
démêlé que Fourier avait eu avec les dames de Lyon et dont
ou nous permettra de dire, en passant, quelques mots.
   La fantaisie avait pris a Fourier de donner une leçon de
poésie aux Lyonnaises. En strophes fort dures, il leur avait
reproché de ne pas savoir manier la lyre. Voici de ses amé-
nités qu'il leur avait adressées dans un journal :
              Du luxe ardente ouvrière,
              Lyon , bourbeuse cité ,
              Que protège en sa bonté
              La madone de Fourvière ;
              Lyon , tu n'as enfanté
              Ni Sapho, ni Deshoulière ;
              Tes femmes dans leur carrière
              Rayonnent de nullité.


   Qu'on juge si cette incartade, lancée au sexe auquel
Fourier ne semblait pas se douter qu'on dût Louise Labé,
Pernette du Guillet et tant d'autres desservantes mieux ins-
pirées que lui du culte des Muses, avait dû susciter dans
notre ville un véritable combat de protestations, de lettres
et d'articles de journaux. L'inventeur de la couronne bo-
réale , après avoir quelque temps fait tête k l'orage, finit
pourtant par se rendre, par se laisser désarmer, et les dames