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428 ORIGINES DE LUGDUNUM.
Hésiode accorde encore aux filles de Thaumas la beauté qu'elles
possèdent à l'époque d'Homère. Les champs du ciel sont toujours
leur demeure , el la vélocité de leurs ailes égale la rapidité
des vents et des oiseaux. Le poète ascréen même, dans un pas-
sage conservé par Strabon, suppose, ce qui est conforme à la
tradition homérique, que les Harpyes enlevèrent Planée, roi
de Salmydessus, et le transportèrent chez les Galactophages (1).
Dans les croyances gauloises, l'enlèvement de l'âme, son in-
troduction au séjour du bonheur éternel, sont confiés à l'Odin
celtique , Ouiddon ou "Widdon, le même que Toth ou Hermès (2).
L'antique Hermès est un dieu psychopompe. En cette qualité, il
tient quelquefois la harpe (3), l'arme redoutée de Chronos, à la
lame courte, plate et recourbée, au coup irrémédiable. De là le
surnom de Ifarpédophore que les poètes lui donnent (4).
Widdon, conducteur des âmes, doit être le même qu' Arpha, Arpa,
TO^pa Si rà ç Koûpaç Apmuat à vïîpeîcpa^TG.
H . , XX, 77.
vùv Si («v à ra).i5>; Apmuai à vïipeîtpavfo.
Id., I, 241
— ÀoxXeiï>{, sans gloi'e , doit signifier ici, en se reportant aux idées
du siècle d'Homère, prive des honneurs de la sépulture.
(1) (A6Tay_pdvtai "fà j îxWot
Theogon., v. 269.
Strabon, Geogr.,.\\v. VII, ch. 3, % 9.
(2) « . . . Ce dieu, dit M. Henri Martin, est le guide des voyages cé-
lestes comme des voyages tcrreslres, des relations d'oulre-tombe comme
des affaires do ce monde ; il est le conducteur des âmes, ainsi que le Toth
et l'Hermès d'Egypte et de Grèce. Mais il ne les conduit pas dans les lieux
Inférieurs, dans les entrailles de la terre. Les espaces sans bornes sont
ouverts aux pèlerins immortels qui le suivent. » ( Gaule avant J.-C, t. I e r
de l'Hist de France, IV e edit). L'appellation Widdon, forme primitive et
régulière, s'est altérée en Gwidion et Gwyon chez les Bardes, auteurs des
Tryadc, comme en guiid, son radical wid, scienlia, notio.
(3) Cf. âpwâÇu, je ravis, j'enlève.
(4) Dulaure, Cuit, untér. à l'idoldt., etc., p: 123 et 124. — Villenave,
Traducl. d'Ovide, t. II, p. 398.