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                      INCURSIONS DES ROUTIERS.                           2<Ã7

pagnies qui s'appeloient les Tard-Venus pourtant (attendu)
qu'ils avoient encore peu pillés au royaume de France. »
   « Si se tinrent un grand temps autour Besançon, Dijon et
Beaune; le plus grand maître entre eux, étoit un chevalier
de Gascogne qui s'appeloit messire Seguin de Batefol (1). »
   « Si se avisèrent ces compagnies environ la mi-carême
qu'ils se trairpient vers Avignon et iroienl voir le pape et
les cardinaux (2). Si passèrent outre et coururent en la comté
de Mâcon, et s'adressèrent pour venir en la comté de Forez
ce bon, gras pays, et vers Lyon sur le Rhône. »
   « Si se délogèrent et montèrent contre mont par devers
les montagnes peur entrer en la comté du Forez et venir
sur la rivière de Loire et trouvèrent en leur chemin une
bonne ville qui s'appelle Charlieu, au bailliage de Mâcon. Si
l'environnèrent et assaillirent fortement et se mirent en

messager en Arlois, auprès du due de Bourgogne , pour lui porter lettres
closes par lesquelles « il escripvoit trois grosses batailles ( trois corps do
Houliers) d'annemis qui estoient assemblés en Auvergne pour dommaiger le
comté d'Auvergne et pour venir au duchiê de Bourgongne. Ces Routiers
traversèrent et pillèrent probablement une partie des campagnes du Forez
et du Beaujolais, en se rendant d'Auvergne en Bourgogne.
   (1) Froissart nomme les autres chefs, Seguin de Badefol descendait des
Gontaut-Badefol, une des plus anciennes familles du Perigord ; il portait
pour armes : icartelé d'or et de gueules à la bordure de        chargée de
6 châteaux d       posés 3, 2 et t.
   (2) Pour les mettre à rançon. La cour pontificale d'Avignon était fort
décriée dans toute l'Europe à cause de ses exactions qui lui procurèrent
des richesses immenses dans un temps de ruine et de misère générales.
Les deux Villani et la chronique de Nauclerc ont fait un tableau peu
flatteur de cette cour pontificale. Les remparts d'Avignon qui furent
construits sous le ponlificat d'Innocent VI, le palais des papes qui fut
embelli par les fresques du peintre Giotto, les tombeaux des papes Jean
XXII et Benoît XII peuvent encore aujourd'hui nous donner une idée du
luxe de la cour pontificale d'Avignon, luxe qui du moins profita aux ails,
tandis que les exactions des Routiers ne produisaient que des ruines.