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204 HISTOIRE DU BEAUJOLAIS
d'Humbert, qualifié dans l'histoire d'Humbert-le-Zeune, par
opposition à Humbert-le-^iewa;, son orageux et indomptable
père. Ceî Humbert-le-Jeune est peu connu. Sa domination
fut courte. N'était la fondation de Villefranche, il aurait
passé inaperçu.
A chaque mutation de seigneur, la charte, objet d'une
nouvelle confirmation et d'un nouveau serment, était rema-
niée, revue, rédigée à nouveau. Elle subissait certaines cor-
rections, quelquefois dans un sens restrictif, le plus souvent
dans un but d'amélioration. Les clercs rédacteurs variaient
les formules, se permettaient quelques changements) de style,
de rédaction. Tout cela en somme d'une importance mi-
nime , sauf en deux occasions solennelles , ainsi qu'il sera
expliqué.
Sous Guichard, époux deSybille de Flandres, ( 1193-1216)
la charte originale passe de l'état de tradition à l'état de mo-
nument écrit. Convention purement verbale dans le principe,
elle devint contrat synallagmalique constaté par acte authen-
tique et solennel.
Sous Humberl-le-Connélab!e (1216-1250), nouvelle con-
firmation , nouvelle rédaction , conséquem.menl nouvelles
modifications. 11 n'en est pas resté de traces. Le connétable
Humbert , que M. Mary Lafon qualifie de bandoulier du
moyen âge, dota Beaujeu d'une charte de privilèges. Cette
charte est littéralement copiée sur celle de Villefranche, sauf
des variantes significatives. Je m'explique : Tout ce qui est
dans la charte de Beaujeu est dans celle de Villefranche, mais
tout ce qui est dans celle de Villefranche n'est pas dans celle
de Beaujeu. Les articles supprimés ne l'ont pas été au hasard.
Ils sont remarquables parce qu'ils sont à la fois et les moins
nombreux et les plus importants. Ce sont ceux qui ont trait
a l'indépendance de la municipalité. Les sires de Beaujeu
ont accordé à Villefranche quelques lambeaux de souveraineté