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                    NOTICE SUR J . - B . DUMAS.               93

 la docte antiquité; ils la prenaient sous de sages réserves
 tout entière, corps et idée, langage et sentiments, et l'âme
virile ne se détachait pas pour eux du fond spécial des litté-
ratures. Aussi, communiquaient-ils à la jeunesse qu'ils
 étaient chargés d'instruire les mâles préceptes du patrio-
tisme, cachés pour ainsi dire sous les fleurs des belles let-
tres antiques. Dumas tint d'eux, comme presque tous leurs
élèves, ces utiles préparations civiques, nous dirions dans
le langage du jour ces tendances libérales, qui devaient être
le premier lest de son esquif lancé désormais dans la vie
publique.
    Deux courants, s'il m'est permis de continuer la compa-
raison, se partagèrent depuis lors sa destinée. Il eut encore
cela de commun avec les anciens et heureusement ce sera
tout, de savoir faire de sa vie deux parts réglées avec un
parfait équilibre, l'une pour la profession et la carrière des
honneurs ou des devoirs publics, l'autre pour l'abandon aux
muses, pour la culture savante des lettres, pour le labeur
de prédilection des choses académiques. On va voir bientôt
combien cette dernière expression se trouvera justifiée.
   Dans la vie publique, ses pas se marquèrent, avec une
singulière régularité, par quelques-unes des grandes dates
de son temps.
   Comme capitaine de la garde nationale de Lyon, il fut dé-
légué pour aller assister en 1804 au sacre de l'Empereur.
Il vit alors l'imposante cérémonie de l'huile sainte coulant,
selon le mode hébraïque, sur le front du prince : manifesta-
tion la plus haute de la légitimité, d'après l'association qu'on
fait des idées de la religion avec celles du droit politique ;
spectacle que le Saint-Père ne vint donner en France que
deux fois, une fois pour Pépin-Le-Bref, une autre et der-
nière fois pour l'Empereur Napoléon.
    Dumas servit le gouvernement nouveau et plus moderne