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BURGONDES. 359
V. L'année 287 que nous assignons, avec la plupart des
auteurs modernes, aux mouvements des Burg-ondes dans les
Gaules, se détermine par des circonstances que nul n'a mieux
présentées et résumées que Tillemont, dans son Histoire des
empereurs.
« Àurélius Victor, dit-il, fait connaître que ce qui obligea
pa/ticulièrement Dioclétien à faire Hercule empereur, fut
l'état des Gaules ; car après que Carin eut quitté ce pays,
Elien et Amand y avaient soulevé les paysans et les voleurs,
et avaient pris tous deux le titre d'Auguste Hercule fut
donc envoyé dans les Gaules pour les soumettre à l'obéis-
sance, et il le fit aisément par divers petits combats On
marque qu'il soumit les Gaules dès le commencement de
son règne, ab orlu ; ce qu'il faut apparemment étendre jus-
ques vers le milieu de l'année suivante, puisqu'il semble'
n'avoir passé les Alpes qu'à la fin de septembre 286.
« On donnait à ces paysans révoltés, ou ils se donnaient
à eux-mômes, le nom de Bagaudes (t. 10, p. 10).
« Maximien était toujours dans les Gaules après qu'il eut
apaisé le soulèvement des Bagaudes. Il fut attaqué par di-
verses nations, et il semblait que tous les Barbares eussent
conspiré la ruine des Gaules. On nomme entre autres les
Allemans, les Bourguignons, les Hérules et les Chaibons ou
Gavions, peuples d'ailleurs inconnus. On dit seulement que
leur pays, aussi bien que celui des Hérules, était assez éloigné
des Gaules. Bucherius les place, avec les Hérules, sur les
côtes de la mer Baltique. Les Allemands et les Bourguignons
se ruinèrent eux-mêmes par leur grand nombre qui leur
causa la famine et la peste, de sorte que Hercule n'eut pas
beaucoup de peine à les vaincre. Mais il fallut donner une
bataille contre les Chaibons et les Hérules; Hercule y com-
battit en personne et y défit tellement les Barbares que, s'il