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                        DE LA FOLIE.                       227

Iysés , M. Flourens tire une conclusion , qui vaut tout un
éloge ; je la dois donc en entier à mon lecteur.

  « J'ai voulu, dans cet écrit , présenter à mon lecteur
« une grande vérité : La folie peut être prévenue par
« l'attention , par la réflexion.
  « Guérir la folie est la tâche du médecin , du physio-
« logiste.
  « Prévenir la folie dépend, pour chacun de nous, de
« lui-même, de la force que chacun sent, en soi, de ré-
« réfléchir , de replier sa pensée sur sa pensée , de
« s'observer.
  « Je l'ai déjà dit ; toute passion inattentive , irréfléchie ,
« marche vers la folie.
  « Toute idée qui subjugue vicieusement l'esprit y marche
« de même.
  « Tout abus des forces nerveuses épuise le cerveau ,
« et par le cerveau , la raison même , dont il est le
« siège.
  « Ce que l'homme aurait le plus d'intérêt à étudier,
« et ce qu'il étudie le moins, c'est la mesure de sa raison.
« Il ne sait ni combien celte raison est puissante, ni
« combien elle est fragile.       ^
  « Le premier philosophe ( et c'est Descartes ) qui a
» démontré à l'homme toute la force de la raison hu-
« maine a fait beaucoup pour la grandeur de l'esprit
« humain.
  « Le physiologiste qui convaincrait l'homme de toute la
« fragilité de la raison humaine, ferait plus encore pour
« le bonheur de l'humanité. »

  Assurément la science humaine ne peut conseiller plus
sagement et parler un plus beau langage ; et l'on pourrait