page suivante »
226 DE LA FOLIE.
rationnel des préceptes chrétiens et mêmes des doctrines
mystiques que j'exposais plus haut. Pour chasser le mal, il
faut s'expurger du venin du vice ; et l'aveu n'est autre chose
que le venin rejeté par la conscience qui s'épure.
Enfin ( et ceci avait un rapport très-direct à la réunion ,
en un même volume, de ce travail de M. Flourens avec son
travail sur la Phrénologie), Leuret examine l'application de
la doclrine de Gall à l'étude et, partant, à la guérison de la
folie.
S'il faut l'en croire , Gall n'aurait pas eu , Ã ce sujet,
de succès en rapport avec ses prétentions ; et Esquirol lui-
même aurait été le fréquent et indiscret témoin des bévues
du célèbre cranologue qui, selon lui, réussissait beaucoup
mieux à remonter de l'effet morbide connu à la cause
crânienne très-inconnue qu'à descendre de cette prétendue
cause crânienne à l'effet morbide inconnu. Devant un aliéné
dont la folie lui était expliquée, le docteur n'hésitait jamais ;
devant un aliéné dont on lui taisait la folie, il s'abstenait
toujours prudemment ! Il paraîtrait même , au dire de
Leuret, que, dans la collection du docteur Gall achetée,
après sa mort, pour le Musœum , figuraient trois frag-
ments de crânes attribués par Gall à trois aliénés affligés
de folies distinctes. Or, ces trois fragments, grâce à un
rapprochement très-méchamment opéré par Leuret , se
sont trouvés correspondre entre eux comme les trois parties
d'une même tête qu'ils avaient bel et bien constitué ja-
dis ! Risum leneatis ; mais le rire même doit être généreux,
puisque Gall est jugé.
De tous ces travaux si nettement et si élégamment ana~