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220                      DE LA FOLIE.

    Celte confusion d'idées dans un aussi éminenl esprit m'é-
tonne et me scandalise ; et elle me semble de nature à avoir
dû en jeter une semblable dans ses observations elles-mêmes.
La vérité religieuse sainement entendue, et telle que l'a tou-
jours professée l'Eglise catholique , n'a rien à démêler avec
ces excès ; elle peut passionner, enthousiasmer , exalter
même , mais affoler; jamais ! Laissons à la fausseté ou à la
vérité altérée ce triste privilège ; et rappelons-en, de ces ob-
servations si brouillées, au sens religieux de notre époque plus
éclairée et moins prévenue, en invoquant les droits divins
de la vérité, qui ne saurait faire que du bien aux hommes
et qu'une pareille assimilation ne peut qu'offenser. On ne se
 figure pas assez ce que l'esprit de nos plus grands savants
 aurait gagné en rectitude à subordonner toujours leurs lu-
 mières à la lumière supérieure et certaine de la Foi !
    À cela près, les observations d'Esquirol peuvent subsister,
 d'autant plus qu'en les étudiant à fond il serait facile de voir
que toutes se rattachent plutôt à des erreurs ou à des vérités
 altérées qu'à des idées ou des dogmes véritables.
  Les mœurs sont également de grands excitalifs de la folie,
mais disons aussi les mœurs mauvaises et fausses ; car ce
sont les seules qui lâchent la bride aux passions dans leur
course descendante et accélérée vers la folie. « Les mœurs,
« dit avec un sens exquis M. Flourens, ne méritent d'être
« appelées bonnes qu'à proportion de l'empire qu'elles ont
« sur les passions. J>

   Enfin, viennent les vices de l'éducation, troisième in-
fluence , qui aurait pu être signalée plutôt comme la pre-
mière , puisque c'est l'éducation qui pose les bases de nos
jugements, qui allume leflambeaude notre foi religieuse et
politique, qui donne, en un mot, une loi bonne du mauvaise à
nos passions.