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                 DES BÉNÉDICTINS DE CHARUEU.                     193

    L'intérieur du vestibule est éclairé par une petite fenêtre à
 côté de la grande porte , fenêtre qui sera l'objet d'observations
 particulières , et par trois grandes ouvertures sur le côté du
 portail. Les chapiteaux des colonnes demi-engagées qui suppor-
 tent les arceaux de ces ouvertures, ceux des colonnes du même
 côté, sur lesquels appuyent les arcs doubleaux de la voûte, sont
 admirablement travaillés ; ils ont quelque chose de la forme et
 des proportions corinthiennes.
   La hauteur du vestibule fut divisée en deux, de'manière à
 ménager, dans la partie supérieure, un étage destiné à renfer-
 mer la bibliothèque et les archives. On y arrive par un escalier
 en hélice, enfermé dans une tourelle carrée, faisant saillie au-
 dehors. Cet étage est éclairé par trois ouvertures, dont une
 sur le portail, petite et assez simple, et deux grandes sur le
 côté, fort ornées en dehors. On y trouve la fenêtre qui éclairait
la grande n«f de l'église avant la construction du vestibule.
Elle est accompagnée de deux fenêtres simulées plus petites,
 avec des colonnettes. Quoique devenue inutile, on l'avait con-
servée avec tous ses ornements de style roman pur , un peu
lourd, mais assez curieux. Dans le fond du vestibule est une
porte ouvrant sur un cloître, œuvre du XVIe siècle, et dont
beaucoup d'arcades se sont écroulées.
   Tels sont les restes que M. Desjardins a été chargé de restaurer ;
et voici comment cette restauration , que les amateurs de l'archi-
tecture du moyen-âge appelaient de tous leurs vœux, a été déci-
dée. Le propriétaire de ce beau monument, originaire de Charlieu,
habitait depuis longtemps la capitale, où il est mort après s'y être
fort enrichi. Dans son testament, il a eu l'idée bizarre, mais heu-
reuse par ses résultats, de se réserver un tombeau sous les voûtes
antiques du vieil édifice-, et d'en ordonner la restauration qui
devenait dès lors indispensable. Pertdant sa vie, le gouverne-
ment avait- fait de. vaines tentatives pour lui acquérir ce bel
échantillon d'architecture byzantine. Son héritière s'est mon-
trée plus traitable. Tout en retenant l'usufruit, elle a cédé la
propriété moyennant une somme à employer aux réparations, et
en déduction de celle à laquelle elle était tenue par le testament.
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