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nom de M. Fesch avait été biffé du rituel, et les prières
voulues ne se faisaient plus pour lui, malgré ses réclama-
tions. Quoi d'étonnant que le Chapitre ne fût pas plus
respecté dans une grave circonstance ? On sait à Lyon
que le ministère ne correspondait plus avec M. de Pins
depuis la mort du cardinal; on sait aussi que, par une
décision pleine de sagesse, le Chapitre avait offert ses
pouvoirs à M. de Pins, et les lui déférait ad cautelam,
pour tout concilier; mais de si justes avances furent dé-
daigneusement repoussées. Après beaucoup d'hésitation^
ce fut encore par là qu'on en passa; n'eût-il pas mieux
valu tout aussitôt se résoudre généreusement à quelque
chose d'arrêté ?
   On n'était point sans savoir qu'il grondait çà et là des
mécontentements, et l'on voulut y répondre par un
compte-rendu qui fut imprimé, et que, réflexion faite, on
réduisit au néant. Cette pièce contenait une longue énu-
mération de tout ce qui se serait accompli sous Fadminis-^
tration déchue et grâces à elle, mais la liste est un peu
enflée et surchargée même de créations peu importantes ^
ou bien dans lesquelles l'archevêché n'a été pour rien.
Une fois que le compte-rendu fut anéanti, M. de Pins
le remplaça par une simple carte, sur laquelle se trou-
vaient ces mots très significatifs : Jésus autem tacebat.
  O h ! nous eussions dit comme Victor Hugo disait, en
parlant de Charles X :
         Pitié pour le vieillard qui s'exile à pas lents,

car, dans le remplacement de M. de Pins, on n'avait pas
ménagé les transitions, ni usé de beaucoup d'égards, mais
aussi le pouvoir tombé n'en méritait point, lui qui n'avait
pas voulu comprendre ses devoirs envers le cardinal Fesch.