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novateurs, se mirent sur les rangs ; la puissance d'Elisabeth
aura beau étouffer la voix de ces austères députés, le mot
a été prononcé, la loi est au-dessus du roi. C'est â la géné-
ration suivante à faire triompher ce principe ; le combat est
engagé : on dirait, de ces attaques partielles, de ces fusillades
isolées qui précèdent la grande bataille, et encore ces tirail-
leurs hardis et aventureux finirent par remporter presqu'une
victoire à la dernière session, lorsqu'ils obligèrent la reine
 à renoncer à plusieurs monopoles, qu'elle appelait la fleur
de son jardin,.
    Malgré cela, on peut dire, en général, qu'Elisabeth jouit du
pouvoir absolu, dans l'acception la plus large du mot : quels
étaient donc les instruments dont elle se servit pour suffire
 à une tâche aussi colossale?
    D'abord les tribunaux judiciaires existaient à peu près tels
 qu'ils sont aujourd'hui ; et il paraît que la loi ne présidait
 pas seule à leurs jugements, si l'on s'en rapporte à ce pro-
 verbe qui nous est transmis par Dewes : un juge est un ani-
 mal qui vendrait une douzaine de lois pour une demi-dou-
 zaine de poulets. Au-dessus des tribunaux ordinaires, il y
 avait des tribunaux extraordinaires dont voici les fonctions.
    1° La Chambre éloilée, composée en partie des membres
 du conseil privé, en partie de magistrats, connnaissait des
 fautes, des injures, des désordres qui n'étaient pas du ressort
 du droit coutumier. — Elle infligeait, à discrétion, amendes,
 prisons, châtiments corporels.
    2° La cour de haute commission ecclésiastique, composée
 de quarante quatre commissaires, dont douze ecclésiastiques,
 jugeait tous les délits religieux. — Le crime d'hérésie se
 prêtant à une grande élasticité, et les commissaires ne ren-
 dant de compte à personne, on conçoit facilement que la
 comparaison que l'on a faite de la cour de haute commission
  avec l'Inquisition espagnole n'a rien de bien exagéré, sur-