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aussi quelle différence entre l'état intellectuel et moral de
ces deux époques ! Quels perfectionnements depuis un siè-
cle dans le bien-être public et privé, dans les facilités de la
vie ; quels progrès dans les arts et dans les sciences ; quelles
améliorations dans les mœurs; quels développements dans la
morale publique el dans la liberté.
   Proclamons donc avec effusion et reconnaissance que la ci-
vilisation et le bonheur de l'homme sont intimement unis e t
dépendent des mêmes causes, le progrès moral et matériel.
Et comme les perfectionnements mécaniques sont un des plus
puissants éléments du progrès, avouons que le développe-
ment passé des machines a puissamment contribué au bon-
heur de l'humanité.
   Il faut examiner maintenant combien se trompent ceux qui
redoutant que le mal naisse de l'excès même du bien, décla-
ment contre ce développement toujours croissant et le signa-
lent comme un imminent danger de bouleversement et de
ruine pour la société,


                              III.


   Au dire des trembleurs économiques, deux dangers sont à
craindre du développement illimité des machines :
   Concurrence mortelle aux ouvriers;
   Production excessive et de plus en plus supérieure aux be-
soins de la consommation.
   Ces craintes sont chimériques et irréfléchies. Essayons ds
le démontrer.
   La découverte et l'application des procédés mécaniques à
la production ont toujours eu pour résultat de diminuer con-
sidérablement les frais de celte production, et, par conséquent,
le prix des choses. Or, on sait que la diminution du prix d'une
chose a pour immanquable effet d'en augmenter la consom-
mation dans des proportions qui dépassent de plus en plus